Celui pour qui "le vélo de cristal serait une cerise sur le gâteau" de son année exceptionnelle s'est livré à nos confrères du Laatste Nieuws.

Remco Evenepoel a fait connaître son nom au monde entier en moins d'une année passée chez les professionnels. Ce qui le rend forcément très convoité. Avant de, peut-être, recueillir un premier vélo de cristal ce mercredi, il est revenu en long et en large sur son nouveau statut dans les colonnes du quotidien néerlandophone. A propos de la pression qui pèse déjà sur ses épaules en vue de 2020, il déclare notamment ceci: "J'ai un statut qui ne me permet pas une baisse de régime. Bien sûr, il y aura des résultats qui ne correspondront pas à mes attentes et perdre fait partie du sport de haut niveau. Je demande de la compréhension et de la patience, je tire des leçons de mes erreurs et m'assure qu'elles ne se reproduisent pas. Mais je pense être capable de courir à un haut niveau pendant toute une saison."

Sa faim de courses est d'ailleurs très grande... "San Sebastian en est un bon exemple: j'ai moi-même insisté auprès du staff de l'équipe pour y aller. Parfois, ce n'est pas mal de m'écouter", rigole le jeune prodige, qui est content que tout soit "négociable chez Deceuninck-Quick Step. D'autant que je connais de mieux en mieux mon corps, je sais aussi me mettre mes propres limites quand j'ai besoin de repos".

Evidemment, nos confrères ont profité de l'interview pour le confronter aux propos élogieux de Philippe Gilbert à son égard ( à relire ici): "Avant le Mondial, j'ai pris une échappée dans la troisième étape de l'Adriatica Ionica, dont Philippe était le grand favori. En me voyant contre-attaquer derrière un fuyard, il m'a crié 'Continue !' et j'ai gagné la course. Lui a terminé deuxième, ce qui prouve qu'il aurait aussi pu la gagner. Le matin du contre-la-montre du Mondial, alors qu'il s'entraînait en vue de la course en ligne, il m'a envoyé un message d'encouragement. Ce sont des choses que je n'oublie pas. Quand j'ai vu Philippe par terre pendant la course en ligne, je me suis pleinement dévoué pour le convaincre de repartir. Il avait tout simplement une meilleure chance que moi de gagner."

Quant au cyclisme actuel, il offre de beaux défis au jeune prodige: "Mon père m'a souvent dit que c'était le bon moment pour devenir professionnel, vu que le cyclisme est plus propre qu'avant. Cela vaut aussi pour Bernal et Pogacar, que j'affronterai souvent dans les prochaines années. Cette bagarre s'annonce amusante et fascinante. Elle va tous nous tirer vers le haut. Je suis meilleur en contre-la-montre que les deux autres, mais moins bon grimpeur. Je vais travailler dur pour améliorer cela. Je dois notamment travailler en haute altitude."

S'il devait choisir un seul objectif pour 2020 ? "L'or olympique. Dans les deux disciplines (rire) . Il n'y a pas de plus grande récompense pour un sportif de haut niveau."