Le Suisse ne sait pas si son ancien grand rival va revenir dans le peloton mais ne lui conseille pas de le faire.

Le duel entre Fabian Cancellara et Tom Boonen a rythmé les classiques pavées durant une bonne partie des années 2000 et 2010. Avec trois succès chacun sur le Tour des Flandres, trois succès à Paris-Roubaix pour Spartacus pour quatre pour le Belge, les deux hommes ont tout raflé ou presque pendant des années sur les classiques du nord. Interrogé par Sporza sur un éventuel retour de Boonen, Cancellara n'a pas hésité à tenter de le convaincre de ne pas y songer : "Il aime faire de la course automobile et il n'est pas mauvais là dedans. Peut-être devrait-il plutôt continuer dans cette direction, car s'il revient dans le cyclisme, il a plus à perdre que s'il continue sa vie actuelle." Il y a quelques semaines, l'ancien coureur de Quick Step avait laissé planer le doute sur un possible come-back, sur le modèle de Kim Clijsters : "Je m’interroge parfois. La semaine dernière, je me suis demandé à quel point ce serait facile ou difficile. Je me pose parfois cette question."

Cette question, Fabian Cancellara ne se la pose pas, lui qui a fêté ses 39 ans mercredi dernier: "Je n'effectuerai pas de retour même si hier j'ai encore développé 1.520 watts lors d'une petite sortie d'entraînement. Chacun doit prendre ses propres décisions et si Tom Boonen veut revenir, c'est qu'il a ses raisons."

Le Suisse est également revenu sur la situation actuelle avec l'annulation de toutes les courses du printemps. "Ne pas avoir pu regarder Milan-Sanremo à la télévision ce samedi m'a rendu triste", a avoué Spartacus, "Cette course reste le grand début de la saison. Toute cette situation avec les annulations, cela me rend très triste. Personne ne sait si les courses seront reportées ou annulées et je pense que de grandes polémiques vont naître à ce sujet. On le voit déjà en tennis avec le report de Roland Garros au mois de septembre."

"Est-ce vraiment une bonne idée de disputer ces courses en octobre ? Je me le demande. Les coureurs seront certainement frustrés à ce moment-là, mais la santé vient toujours en premier lieu évidemment. En tant que coureur, je voudrais bien sûr disputer ces courses en octobre" , estime Cancellara qui pense que la date à laquelle les courses sont roulées n'a que peu d'importance : "D'ici cinq ans, plus personne ne demandera à quelle date les classiques ont été roulées. Le problème reste le calendrier. Il y a plein de facteurs économiques et politiques à prendre en compte. Mais pour les courses d'un jour, c'est peut-être légèrement plus facile."

Il en va de même pour le Tour de France qui possède néanmoins un délai plus important que le Tour d'Italie, d'ores et déjà annulé: "Je pense tout d'abord que Paris-Nice aurait dû être annulé. Il faut savoir prendre ses responsabilités. En ce qui concerne le Tour de France, je pense qu'il est très grand et rapporte énormément d'argent à ASO, mais aussi de la publicité pour les équipes et les coureurs. Ils attendront donc le plus longtemps possible avant d'annuler la Grande Boucle. Également, parce que le Tour est extrêmement important en France et tout comme les Jeux olympiques, cela pourrait apporter quelque chose de positif dans cette période difficile."