Giancarlo Ferretti, team manager de Fassa Bortolo, croit dans les chances de son poulain

LA PANNE Giancarlo Ferretti passe pour un véritable mage dans la profession. L'homme, effectivement, possède une aura qui attire inéluctablement vers lui les bons coureurs (surtout transalpins) du peloton. Il faut dire aussi qu'il n'a pas son pareil pour dégotter des budgets énormes dans un cyclisme italien qui est pourtant en crise. Chez Ferretti, chaque coureur sait qu'il trouvera non seulement un encadrement de haut niveau mais aussi qu'il sera payé à temps, à heure et... rubis sur l'ongle. Ferretti est en outre le véritable mentor d'un certain Bartoli, vainqueur du Tour des Flandres 96, ce qui fait du manager italien un interlocuteur de choix à quelques jours du rendez-vous flandrien.

Quand on lui pose la question bateau concernant les favoris du Ronde 2003, Ferretti esquisse un sourire tout en penchant la tête d'un air entendu. «Il y en a plusieurs, évidemment, mais j'ai pourtant l'impression qu'on pourrait assister à une surprise, dit-il de sa voix légèrement cassée. Néanmoins, je me dois de citer les noms qui circulent un peu partout: Van Petegem, qui a terminé très fort ces 3 Jours de La Panne, mais aussi Museeuw, qui est toujours surmotivé pour cette épreuve, et le duo Boogerd-Freire, l'Espagnol ne m'ayant jamais paru aussi fort, de même que toute l'équipe Rabobank, laquelle m'impressionne par sa force collective. Je m'en voudrais d'oublier Zabel. Un jour, l'Allemand parviendra bien à rejoindre Ninove dans un groupe et, alors, il sera difficile à battre.»

On pourrait dire la même chose de Cipollini, qui était d'une facilité étonnante dans les monts de Tirreno-Adriatico et de Milan-Sanremo. L'an dernier, le Toscan (9e) termina à une minute à peine du vainqueur, dans un groupe dont il régla facilement le sprint. «Je ne le crois pas vraiment capable de remporter le Tour des Flandres. Mais il fera tout pour s'accrocher et il sera l'homme à battre à Gand-Wevelgem.»

Enfin, l'homme de la Fassa Bortolo évalue aussi les chances de sa propre équipe. «Bartoli? Il n'a eu que 6 jours de course avant les Flandres (NdlR: fracture de la hanche en janvier). Par contre, Filippo Pozzato est capable du meilleur s'il accepte de suivre les plus expérimentés en course!»

© Les Sports 2003