À 24 ans, Filippo Ganna veut faire mieux que l’an passé. Il avait conquis la médaille de bronze derrière Rohan Dennis et Remco Evenepoel. Le Belge absent, le double champion du monde australien est candidat au titre mondial, comme Wout Van Aert, Victor Campenaerts, mais aussi Rémi Cavagna, Tom Dumoulin, Geraint Thomas ou Stefan Küng, ainsi que les Italiens Edoardo Affini et Filippo Ganna.

En 26 ans, jamais un Italien n’a été sacré champion du monde de chrono. Le parcours d’Imola convient à Ganna (1m93 pour 80 kilos) qui pourrait trouver dans le vent un allié dans la deuxième partie mais qui risque d’en souffrir lorsqu’il soufflera de face ou de côté par rapport à ses rivaux plus légers et plus petits.

Il y a une dizaine de jours, Ganna faisait sensation à l’occasion de la dernière étape de Tirreno-Adriatico que l’Italien avait dominée à la vitesse de 56,6 km/h, pulvérisant le temps record de Fabian Cancellara. Le Piémontais est spécialiste de la poursuite et quadruple champion du monde du genre, ce que seul le Britannique Hugh Porter a réussi par le passé. Il est aussi, depuis le Mondial de Berlin, recordman du monde avec 4:01.934, à près de 60 km/h.

Avant de rêver de s’emparer du maillot rose du prochain Giro, Filippo Ganna, fils de Marco, spécialiste du canoë qui participa aux Jeux de 1984, veut devenir champion du monde. Il entend étoffer sa collection de médailles et titres, mondiaux, européens ou nationaux, conquis sur piste, par celles qu’il va décrocher sur la route. C’est pour cela qu’il a rejoint Ineos en 2019, venant d’UAE Emirates. Vainqueur de Paris-Roubaix espoirs en 2016, Ganna rêve d’une médaille dans le chrono de Tokyo, la poursuite individuelle ayant disparu du programme olympique. Il compte aussi s’attaquer un jour au record de l’Heure de Campenaerts (55,089km).