Le coureur italien Filippo Simeoni explique dans le détail, au sein d'une revue, les pratiques du docteur Ferrari

ROME Un magazine italien publie un procès verbal d'audition de Filippo Simeoni, dans lequel le coureur cycliste italien explique comment le préparateur Michele Ferrari l'a dopé. Simeoni (Cantina Tollo) a eu son premier contact avec le dopage en 1993, alors qu'il était encore amateur, mais le véritable saut qualitatif a eu lieu après sa rencontre avec Michele Ferrari à l'automne 1996, rapporte 'GQ', un mensuel italien pour les hommes dans son numéro du mois d'août paru mercredi. Michele Ferrari, considéré par le champion cycliste américain Lance Armstrong comme 'l'un des hommes les plus honnêtes' qu'il ait pu rencontrer dans le sport, est poursuivi par la justice italienne pour exercice illégal de la médecine et incitation au dopage. 'Les prises d'EPO, je les faisais toujours chez moi ou lors des retraites avec les équipes pour lesquelles je courrais, mais il s'agissait toujours d'auto-administration', a confessé Simeoni, selon les extraits du procès verbal des déclarations du coureur dans le cadre d'une enquête italienne antidopage. Cette enquête fait suite à la descente effectuée par la police lors de l'étape de San Remo du Tour d'Italie en 2001. 'En 1997, le mythe (NdlR: surnom de Ferrari) m'a dit que pour faire un bon Tour d'Italie, il faudrait que je prenne de l'érythroprotéïne (EPO) et, pour augmenter la force et pour récupérer après les entraînements de puissance, de l'Andriol (testostérone)', a reconnu Simeoni. Au procureur Soprani, chargé de l'enquête, Simeoni a expliqué que 'le rapport avec Ferrari a duré d'octobre 1996 à juillet 1997'. Selon le coureur italien, les deux hommes n'ont 'jamais parlé de possibles conséquences dommageables dues à l'absorption de substances dopantes'.

Comment tromper les contrôles

Simeoni a également indiqué aux enquêteurs les sommes qu'il déboursait pour se procurer les produits: 'une fiole de 4.000 unités (d'EPO), je la payais entre 60 et 70 euros (2.420 et 2.824 francs); 4 unités d'hormone de croissance, près de 50 euros (2.017 francs)'. Au total, selon les chiffres publiés par 'GQ', la facture pharmaceutique atteignait à chaque fois entre 500 et 600 euros (20.170 et 24.200 francs). Le coureur italien a par ailleurs révélé la méthode de Michele Ferrari pour éviter d'être détecté lors des contrôles anti-dopage: 'Le docteur Ferrari m'a conseillé d'utiliser une alternative. L'Emagel, le matin du contrôle, et l'albumine humaine à 5% la veille au soir d'un hypothétique contrôle, c'est-à-dire quand la valeur de l'hématocrite était supérieure à 50 % dans le sang, le taux limite autorisé. Dans le cyclisme professionnel, il est sous-entendu que tous, ou presque tous, utilisent des substances à actions dopantes. Pour rester devant, il faut prendre quelque chose. Avec l'EPO et les autres produits, les choses ont changé (...) Des valeurs hautes d'hématocrites chez des athlètes sains ne s'expliquent pas autrement que par le dopage', a conclu Simeoni. Une nouvelle pièce chaude qui vient s'ajouter à un dossier très brûlant...