Vainqueur à Hambourg, l'Espagnol rêve à nouveau du maillot arc-en-ciel

ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNEERIC DE FALLEUR

HAMBOURG Une semaine après l'arrivée du Tour de France, qu'il avait quitté prématurément dans les Alpes, deux étapes dans la besace, Oscar Freire s'est rappelé à l'attention de tous en enlevant dimanche la 11e édition de la Cyclassics Vattefall d'Hambourg, la seule classique allemande du circuit ProTour.

Comme cela avait déjà été le cas ces dernières années, l'épreuve s'est terminée au sprint et le Cantabrique, on l'a dit, s'est montré plus rapide qu'Erik Zabel et Filippo Pozzato, le vainqueur sortant, au terme d'une course qui vit aussi Philippe Gilbert se mettre en évidence.

Qu'Oscar Freire n'ait devancé que de très peu Zabel, régulièrement dominé lors des arrivées d'étape au Tour de France, démontre qu'un sprint à l'issue d'une classique n'est pas le même que dans une course à étapes, mais aussi que, plus l'épreuve est longue et dure, plus les chances de s'imposer augmentent pour Erik Zabel, 36 ans désormais et sa pointe de vitesse émoussée.

Si cela conforte sans doute Robbie McEwen, lequel n'a jamais passé la barre des 200 kilomètres et préfère se consacrer pour le moment à des critériums bien plus rémunérateurs, de ne pas avoir fait le déplacement en bordure de l'Elbe, cela devrait donner quelques regrets à Tom Boonen. Le champion du Monde aurait eu une belle carte à jouer, dimanche à Hambourg, mais pour cela il aurait dû se présenter au mieux de sa forme.

Or, manifestement, l'Anversois peine à recouvrer ses jambes de feu. Samedi, associé à Sébastien Rosseler dans un chrono par équipes de deux, il a terminé dixième... et dernier, à Buhl.

S'il avait disputé la Cyclassics, Boonen aurait, déjà bien avant son épilogue, pu constater combien Oscar Freire est en condition.

A moins de deux mois du championnat du Monde, disputé le dimanche 24 septembre à Salzbourg, en Autriche, l'Espagnol de Rabobank pointe le bout du nez et se pose en candidat avoué à une quatrième couronne mondiale.

Jamais personne n'a gagné quatre titres mondiaux puisque, outre Freire, Alfredo Binda, Rik Van Steenbergen et Eddy Merckx ont, tour à tour, revêtu le maillot arc-en-ciel à trois reprises, eux aussi.

"Pour la première depuis le début de ma carrière, je vis une saison sans problème de santé et je ne vais pas m'en plaindre" , expliquait Freire, dimanche dans les salons de l'Hôtel Hyatt, non loin de l'arrivée.

Régulièrement confronté à des ennuis dorsaux, puis à des problèmes à la selle, le coureur de Torrelavega, en Cantabrie, avait par exemple dû arrêter sa saison 2005 fin... mars.

"J'irai préparer le mondial en disputant une douzaine de jours à la Vuelta" , termine-t-il.



© La Dernière Heure 2006