Dopage
Le principal suspect dans l'affaire qui secoue le vélo a quitté la prison

MADRID Le docteur Fuentes a payé, comme l'hématologue José Luis Merino, l'autre cerveau présumé du dopage sanguin découvert la semaine dernière en Espagne, une caution libératoire de 120.000 euros.

Mais il devra se tenir à disposition de la justice espagnole, qui ne devrait plus le lâcher. Car ce sulfureux médecin, très présent dans le cyclisme, puisqu'il était actif au sein de la Liberty Seguros, l'équipe de Manolo Saiz, avec qui il travaillait déjà au sein de la Once (même si le célèbre leader de cette équipe, Laurent Jalabert, a affirmé ne jamais avoir rencontré Fuentes), apparaît com- me le cerveau du trafic.

Un Fuentes qui collaborait également avec l'équipe Kelme. Une formation pour laquelle courrait Jesus Manzano, qui avait accusé Fuentes, en 2004, de dopage sanguin. Pour rappel, Manzano avait eu un malai- se au Tour de France, quand il était échappé avec Virenque, suite à ce qu'il avait détaillé comme une mauvaise transfusion de sang.

Si on a retrouvé d'importants produits interdits dans le laboratoire clandestin de Fuentes, notamment de l'EPO, ce sont surtout les centaines de poches de sang qui inquiètent, dévoilant que la pratique de l'autotransfusion, qui consiste à oxygéner artificiellement le sang d'un sportif prélevé, avant de le réinjecter pour améliorer les performances, est bien présente dans les pelotons.

Fuentes risque une peine pouvant monter jusqu'à neuf ans de prison tandis que les sportifs qui seront pris dans le fichier de 200 noms, eux, ne risquent rien pénalement mais bien une suspension de deux ans.

Vinokourov veut une solution

L'assureur américain Liberty Seguros a décidé d'arrêter le parrainage de l'équipe, même s'il a choisi de continuer à honorer les contrats des coureurs. De son côté, Alexandre Vinokourov, leader de l'équipe Liberty Seguros qui vise le Tour de France, remue ciel et terre pour trouver un nouveau sponsor, d'autant plus que le cosponsor, Wurth, n'est pas certain de poursuivre l'aventure.

Très proche des plus hautes autorités de son pays, le Kazakhstan, Vinokourov aurait reçu l'assurance de son Premier ministre de voir un sponsor (on parle d'une société pétrolière kazakhe) pour l'équipe jusqu'à la fin de la saison.

Mais elle devra recevoir l'aval de l'UCI pour obtenir la licence Pro- Tour. «Pour l'heure, nous ne pouvons pas intervenir car il n'y a encore rien d'officiel au niveau de l'enquête», a déclaré Pat McQuaid, le président de l'UCI. «Mais nous prendrons toutes les sanctions nécessaires car c'est une crise majeure pour le cyclisme.»

© Les Sports 2006