Victor Campenaerts l’avait pointé comme le favori de ce Mondial du chrono, impressionné par celui qui l’avait devancé sur le contre-la-montre final de Tirreno-Adriatico. Et Filippo Ganna a fait honneur à son statut. En s’imposant en homme fort. En parvenant à battre Wout Van Aert. Troisième l’an passé à près de deux minutes de Rohan Dennis, l’Italien de 26 ans dépossède l’Australien de son maillot de champion du monde de l’effort en solitaire.

Une tunique arc-en-ciel méritée, conquise en force. Et à grande vitesse. Le coureur d’Ineos a fait étalage de sa puissance sur ce parcours taillé pour les rouleurs. "Remporter ce championnat du monde est tout simplement un rêve pour moi", commente celui qui est un habitué de ce titre, puisqu’il a déjà été quatre fois champion du monde sur piste. "Ces derniers jours, j’avais bien évacué la pression. J’étais parti en altitude avec des amis. Et nous avons parlé de tout, sauf de ce championnat du monde…"

Le colosse du Piémont, qui mesure un mètre et nonante-trois centimètres, est le premier coureur de son pays à décrocher le titre de champion du monde du chrono. Une belle première, à domicile, à Imola, pour cet ancien vainqueur de Paris-Roubaix espoirs qui, chez les pros, n’a gagné que des chronos.

Il se réjouit de porter son maillot arc-en-ciel sur le contre-la-montre d’ouverture du Tour d’Italie, samedi prochain. Et il peut logiquement rêver du maillot rose à Palerme. "Je ferai ces contre-la-montre, mais le reste du temps, je serai au service de Geraint Thomas sur ce Giro, je serai à 100 % derrière lui."

L’ancien vainqueur du Tour de France, quatrième de ce Mondial du chrono, s’est dit rassuré par rapport à sa condition, à une semaine de la course au maillot rose.