Finalement 7e, débordé dans la dernière étape, le Liégeois n’est pas encore super

ENGIS Si Philippe Gilbert comptait sur le Tour de Belgique, qui s’est terminé dimanche par la victoire de Tony Martin, pour retrouver le fil perdu de son irrésistible élan de l’an dernier, il en aura été pour ses frais. Loin de le relancer de manière certaine, la 82e édition de notre tour national aura confirmé que le Liégeois est encore à la recherche du niveau qui fut le sien, il y a un an par exemple.

Dimanche, à Engis, dans une arrivée en côte, taillée à sa mesure, le champion de Belgique a montré ses limites actuelles.

À 150 mètres de la ligne d’arrivée, là où il y a douze mois, il aurait commencé à savourer son énième triomphe, Gilbert, le souffle court et les muscles tétanisés, a dû se rasseoir sur sa selle et il s’est fait déborder, au grand dam de ses nombreux supporters qui, quelques secondes plus tôt le voyait s’envoler vers sa première victoire de la saison. Trois hommes l’ont devancé, le très prometteur Carlos Betancourt, le surprenant Kevin Pauwels et un encore plus inattendu Serguei Firsanov.

Alors, un mois après les classiques, Philippe Gilbert n’est pas encore redevenu l’ogre de l’an dernier. À l’époque, après un arrêt comparable d’un mois, le Wallon avait effectué une rentrée victorieuse au Tour de Belgique. Cette fois, il termine 7e, ce qui n’est évidemment pas un mauvais résultat et tient en grande partie aux écarts du chrono, plus long (20 km 500 contre 5 km 600) cette fois.

“Nous ne pouvions plus miser, sauf miracle, que sur le gain de l’étape”, admettait Gilbert dimanche. “L’équipe a été présente toute l’étape, avec deux coureurs dans la première échappée, puis Moinard. Nous misions sur lui. Quand Kolobnev a attaqué de loin, je me suis dit : “Aïe, la victoire s’échappe”.

Puis le puncheur russe a calé.

“Le dernier kilomètre était très, très dur”, poursuivait Gilbert. “Il fallait gérer. Avoir le bon timing. J’ai attaqué de loin, mais je n’avais pas la force de tenir. J’étais à bout de souffle. À 150 mètres, j’ai coupé mon effort. Il y avait une seule étape pour moi, j’avais une seule chance et je l’ai ratée. Mais je ne suis pas trop déçu…”

Aujourd’hui, le coureur de BMC est au départ de la kermesse de Gullegem, qu’il avait gagnée il y a un an. Puis il dispute le Dauphiné en prologue au Tour de France.



© La Dernière Heure 2012