Comme l’an passé, Philippe Gilbert a fini 4e, mais le Liégeois était sans doute le plus fort

ANS Son démarrage dans la côte de Saint-Nicolas, au plus fort de la pente, là où Frank Vandenbroucke s’était envolé il y a onze ans, suscita l’enthousiasme et un retour d’espoir parmi ses nombreux partisans que le déroulement de la Doyenne commençait à échauder. Philippe Gilbert, arc-bouté sur sa machine, muscles tendus et mâchoires serrées, venait de lâcher Cadel Evans, puis, en remettant une seconde couche, Alejandro Valverde avec lesquels il tentait depuis plusieurs minutes de revenir, en vain, sur le tandem d’échappés, Vinokourov-Kolobnev.

À l’entame de la plongée vers Liège, le Wallon avait gommé la moitié de son retard, grimpé à 45 secondes, puis il commença à plafonner en même temps que la route remontait vers Ans.

Repris sous la flamme rouge par ceux qu’il avait distancés plus tôt, le vainqueur de l’Amstel termina finalement quatrième, devancé au sprint par Alejandro Valverde. On ne saura jamais ce que le duel aurait donné avec la victoire en jeu !

“Deuxième, troisième, quatrième, cela ne change rien, car j’étais venu pour gagner”, expliqua Gilbert quelques instants après l’arrivée. “Je suis déçu de ma place, la même que l’an passé, mais je suis satisfait de ma course. Compte tenu des circonstances, je pouvais difficilement faire mieux.”

Le Liégeois s’était en effet retrouvé esseulé dans la finale.

“C’est ce que je redoutais”, poursuivit Gilbert qui avait sauté dans la roue d’Andy Schleck dans la roche aux Faucons. “On a essayé, on est parti fort et on a sans doute montré alors qu’on était les plus costauds. Le jeu d’équipe a joué à plein. Il m’a manqué un équipier à ce moment, VDB aurait dû être là, mais c’est la course.”

Jusqu’au bout, celui qui avec cette nouvelle performance est devenu hier le numéro 1 mondial aura tenté de revenir sur les échappés et de remporter la course dont il rêve.

“Je savais que si Vinokourov et Kolobnev étaient lancés, ce serait dur de revenir, je reprenais un peu mon souffle à ce moment et j’ai attendu la réaction de quelqu’un d’autre qui n’est jamais venue”, avouera le Monégasque. “Vino est un grand coureur. Il venait de gagner, c’est mon voisin à Monaco, il vit à vingt mètres de chez moi, on s’entraîne parfois ensemble. Il a payé, dans d’autres sports, on ne parlerait plus de cela.”

Gilbert, qui disputera le Tour de Romandie dès demain, en voulait un peu à Alejandro Valverde. “Il nous disait qu’il était à bloc, mais même un Valverde à bloc aurait pu nous apporter de l’aide”, regretta le Wallon.



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