Philippe Gilbert, candidat au triplé en Lombardie, a découvert hier le maillot arc-en-ciel qu’il portera un an

BRUXELLES C’est en voiture, venant de Monaco et accompagné de John Lelangue, que Philippe Gilbert a rejoint hier, à la veille du Tour de Lombardie dont il sera le grand favori et candidat à un troisième succès, la banlieue nord de Milan. Car c’est en Principauté que le tout frais champion du monde avait voulu se retirer, au lendemain même de son sacre de Valkenburg. Faisant l’impasse sur le Tour du Piémont, pour privilégier deux sorties de plus de quatre heures trente, mercredi et jeudi.

“J’ai eu une semaine normale, j’ai surtout cherché à me reposer au maximum et à rester concentré sur le Tour de Lombardie” , confiait hier le Liégeois, quelques instants après avoir reçu son paquetage de champion du monde et découvert son nouveau vélo frappé d’arc-en-ciel. “C’est sympa, mais je ne prendrai pas le risque de porter les nouvelles chaussures. Il faut d’abord les essayer à l’entraînement, j’ai peur qu’elles soient mal réglées.”

Entre deux séances photos ou interviews télévisées, le coureur de BMC a redit son amour du maillot arc-en-ciel.

“Ce maillot, ça se respecte , disait-il, avant d’évoquer une anecdote. Moi, je l’avais approché, via Boonen à Madrid, ou après des coureurs dont je suis proche, comme Ballan, Evans et Hushovd qui l’ont porté. Mais jamais, je n’avais voulu ou osé le toucher, par peur que cela me porte malheur. J’ai toujours été très respectueux. C’est pourquoi, cette année, j’ai engueulé Adam Blythe (NdlR : son ami et équipier) qui avait enfilé un cuissard de Ballan, avec les liserés arc-en-ciel, qui traînait dans le bus de l’équipe. J’étais fâché. Ça ne se fait pas, on ne peut pas le porter tant qu’on ne l’a pas gagné, être champion du monde, ça se mérite.”

On l’imagine, le Wallon a été très sollicité dès sa victoire aux Pays-Bas, la presse, bien sûr, mais aussi les hommes politiques (Elio Di Rupo ou André Antoine) auraient aimé mettre le champion à l’honneur.

“J’ai dit non à tout, ce sera pour l’hiver, la seule chose que j’ai acceptée, c’est d’aller donner mercredi soir le coup d’envoi de la rencontre de Coupe de la Ligue, Monaco-Valenciennes, car le stade est à deux minutes de chez moi, ça n’a pas empiété sur mon temps de repos , poursuivait-il avant d’évoquer sa nouvelle popularité. J’ai vu que depuis dimanche j’avais beaucoup d’amis sur Facebook et Twitter. Dans la rue aussi, même sans maillot arc-en-ciel, j’ai été énormément félicité. Demain (aujourd’hui), je m’attends à être sollicité et encouragé. Les Italiens connaissent le cyclisme, je me souviens comment ils avaient accueilli Bettini champion du monde…”

Comme le Toscan, Gilbert peut enlever le Tour de Lombardie avec le maillot arc-en-ciel sur les épaules.

“Je suis en condition, c’est sûr, et on a une équipe forte , sourit le Liégeois qui compte sur un autre allié. Il va pleuvoir, semble-t-il, tant mieux. La course se jouera plus en descente, comme il y a deux ans (NdlR : il avait écœuré Nibali, pourtant l’un des meilleurs spécialistes du genre). Nous avons des pneus Continental exceptionnels. Mais il y a d’autres favoris, comme Nibali, Kolobnev, qui aime aussi la pluie, et surtout Contador. Il n’a couru que deux mois, il est plus frais que nous tous en fin de saison, mais il n’a pas l’expérience de cette course…”

Et peut-être pas non plus la motivation de Philippe Gilbert.



© La Dernière Heure 2012