Le champion du monde se sent proche d’un premier succès avec le maillot arc-en-ciel

QUINTO Si le soleil suisse était hier plutôt timide, Philippe Gilbert présentait, lui, une humeur printanière à la veille d’un Tour de Suisse qu’il disputera pour la troisième fois (après 2008 et 2010). Affable, souriant et même blagueur, le champion du monde aborde l’épreuve helvétique avec décontraction.

“Cette course est évidemment importante pour l’équipe. Andy Rihs, le patron suisse de notre sponsor BMC, n’a pas chaque année l’opportunité de présenter un champion du monde au départ de son tour national et c’est avec plaisir que je suis présent ici . J’avais initialement prévu de disputer le Ster ZLM Toer en raison de la naissance de notre deuxième enfant, mais comme celui-ci est arrivé avec un peu d’avance, j’étais libre. Je n’avais pas de réelles préférences entre cette épreuve ou le Dauphiné. Et comme j’avais la possibilité de faire plaisir à l’équipe en m’alignant ici…”

Toujours à la recherche de son premier succès officiel avec le maillot de champion du monde sur les épaules, Philippe Gilbert sent que celui-ci se fait désormais plus proche.

“La condition est bonne, j’ai bien travaillé ces dernières semaines et me suis beaucoup entraîné. Je n’ai pas encore reçu le livre de route de ce Tour de Suisse et ne connais donc pas le détail des étapes. Mais cette épreuve réserve toujours une ou deux journées au profil vallonné qui pourraient me convenir. Il ne me manque pas grand-chose pour aller cueillir cette victoire. Ce sont de petits détails, difficilement explicables, qui font la différence, des circonstances de course qui tournent à votre avantage. Je reste toutefois confiant en mes qualités. Le doute ne m’a pas encore envahit car je sais que celui-ci est un frein sur le chemin du succès. En 2011 tout était avec moi alors que cette année, avec le maillot arc-en-ciel sur le dos, il en va autrement. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on court contre moi, mais quand le champion du monde démarre, certains sont plus enclins à l’accompagner (rires).”

Une tunique distinctive que Philippe Gilbert n’est pourtant pas prêt à abandonner puisque le Liégeois a désormais le regard tourné vers Florence où se disputeront les prochains Championnats du Monde.

“C’est le prochain objectif majeur sur lequel je veux être à 100 %. J’ai l’opportunité unique de pouvoir ambitionner un doublé puisque le parcours convient parfaitement à mes qualités. Je ne l’ai, à ce jour, vu que sur DVD, mais même sur ma télévision, son tracé semblait ardu. Et quand c’est le cas à l’écran, cela signifie que ça l’est encore plus sur le vélo.”

Un tracé qui convient donc parfaitement au Wallon, mais moins à Tom Boonen qui pourrait y renoncer.

“Tom, avec tout son métier, pourrait être un élément très important sur cette course. C’est un gars avec qui j’apprécie de rouler et être en équipe nationale. J’aimerais dès lors pouvoir compter sur son aide et vais essayer de le convaincre de disputer ce Mondial. Je pourrai peut-être ensuite lui renvoyer l’ascenseur en 2016, au Qatar…”



© La Dernière Heure 2013