La respiration encore hoquetante sous l’effet d’une montée finale qu’il savait taillé à sa mesure (900 mètres à 5 %), Philippe Gilbert vit rapidement un léger sourire effacer le rictus de souffrance qui habillait jusque-là son visage dans les ruelles d’Arezzo.

Quatrième hier, le Liégeois avait été le premier à mettre le feu aux poudres en plaçant un démarrage à 300 mètres de la ligne.

"Les différents circuits locaux avaient permis de bien reconnaître un final que nous avions déjà avalé à quatre reprises avant l’arrivée" , expliquait ainsi le Wallon. "Je savais ainsi qu’il serait crucial d’être bien positionné au pied de cet ultime juge de paix. Mon équipier suisse Danilo Wyss a abattu un boulot considérable pour me placer au mieux. Nous nous connaissons désormais parfaitement car nous évoluons souvent ensemble et possédons donc d’excellents automatismes en course. J’ai décidé de placer mon accélération avant l’ultime virage pour tenter de créer une cassure dans celui-ci en le négociant à pleine vitesse. Je savais que si j’attendais l’ultime ligne droite pour produire mon effort, il me serait très difficile de battre Sagan. J’ai essayé, mais cela n’a malheureusement pas marché…"

Les dents serrées dans l’effort et l’attaque franche, le coureur de la BMC a fait étalage hier des meilleurs ingrédients de la touche Gilbert. Une forme rassurante à un peu plus d’une semaine d’un Milan-Sanremo que Gilbert a érigé en première obsession de sa saison 2014.

"Je sais que je suis sur la bonne voie depuis plusieurs mois maintenant" , poursuit l’ex-champion du monde. "Battre Sagan sur ce terrain, même au sommet de ma condition, est une mission extrêmement délicate. Les deux étapes montagneuses du week-end vont me permettre de poursuivre ma montée en puissance. Ces journées (NdlR : 240km au programme de ce samedi) sont toujours importantes dans la construction d’une condition physique. Depuis le début de l’année, je sais que ma base de travail est bonne mais j’ai besoin de tels efforts pour continuer de m’améliorer, franchir un palier."

Celui qui, sans doute, sépare encore l’accessit de la victoire.