L'Italien remporte l'étape du Corones tronquée par la neige et l'Allemand s'est imposé hier

GEMONA DEL FRIULI En débarquant sur son premier grand tour, Stefan Schumacher ne savait vraiment pas ce qu'il pouvait espérer, ne connaissant pas ses capacités de récupération. Mais à trois jours de l'arrivée finale à Milan, l'Allemand est complètement rassuré, puisqu'il vient, dans la dernière semaine de ce Tour d'Italie très difficile, de remporter sa seconde étape.

Après son succès impressionnant à la Citadelle de Namur, qui suivait une très bonne quatrième place au prologue, et après une autre quatrième place dans la 14e étape, quand il avait pris part à la bonne échappée réglée par Laverde, l'ancien maillot rose s'est à nouveau imposé, hier, lors d'une étape très vallonnée.

Membre d'un groupe de cinq hommes, avec Bruseghin, Wegelius, José Ivan Guttierrez et Lopez Garcia, Schumacher n'a pas ménagé sa peine pour anéantir de nombreuses tentatives de ses concurrents, avant de s'imposer facilement au sprint.

Le peloton a quant à lui passé une journée tranquille, sans attaque majeure, même si Jan Ullrich s'est testé dans un petit raidard, à cinq bornes de l'arrivée. Mais Basso, une fois encore, n'a pas été inquiété, lui qui avait encore marqué de nombreux points mercredi.

Cette journée avait été marquée par un climat détestable. Au niveau de l'ambiance, tout d'abord, suite aux révélations de la nouvelle grande affaire de dopage («je reste très tranquille et je dois me concentrer sur les deux prochaines étapes, très difficiles », a expliqué Basso, qui a nié tout lien avec le médecin Fuentes, voir page S 9). Mais aussi au niveau climatique, avec une pluie rendue très glaciale par de la neige tombée sur les cimes du Passo del Erbe et du Plan de Corones. Alors que les coureurs grognent de plus en plus sur ce Giro, suite aux nombreux trop longs transferts pour rejoindre les hôtels, les organisateurs ont choisi de supprimer le premier col et la dernière partie, non goudronnée, du Plan de Corones, annoncé comme le moment phare du Giro, au niveau du spectacle. Une grande désillusion pour l'équipe d'Angelo Zomegnan, qui s'est battue pour mettre en place cette arrivée inédite sur cette route forestière, et qui a longuement attendu avant de prendre la décision de raccourcir l'étape. «En réduisant cette étape, les organisateurs ont fait preuve de sagesse», a déclaré Ivan Basso, toujours solidement accroché à son maillot rose, puisqu'il a encore pris du temps à ses concurrents, mercredi.

Et s'il avait répété, mardi, lors de l'étape du Monte Bondone, chère à Simoni, qu'il n'avait pas de cadeau à faire, on ne peut s'empêcher de penser qu'il en a fait un à Piepoli, à qui il n'a pas disputé la victoire au sommet précoce du Plan de Corones. «Basso s'est comporté en vrai leader», explique l'Italien de la Saunier Duval, qui avait déjà été le seul capable de prendre la roue du maillot rose dans l'étape de La Thuile. «S'il avait sprinté, il m'aurait battu.»

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