Basso s'est rapproché un peu plus de la victoire finale

PASSO DI SAN PELLEGRINO L'Allemand Jens Voigt a offert le gain de la 19e étape du Tour d'Italie cycliste au champion d'Espagne Juan Manuel Garate (Quick Step), vendredi, en haut du Passo di San Pellegrino, où l'Italien Ivan Basso s'est rapproché un peu plus de la victoire finale. Après plus de sept heures de selle, le temps nécessaire pour boucler les 221 kilomètres de cette étape de haute montagne comprenant quatre ascensions, Voigt s'est abstenu de disputer la victoire à Garate, son dernier compagnon d'échappée.

"Dans l'échappée, je n'ai fait aucun travail. Dans ces conditions, je ne peux pas gagner, ce ne serait pas juste", a déclaré Voigt pour expliquer son geste.
Aux 250 mètres, l'Allemand de l'équipe CSC, délégué par Basso à l'avant de la course, a tapé dans le dos de Garate et a ralenti légèrement l'allure. Garate, qui avait fait la décision aux 6 kilomètres pour décramponner les autres rescapés de l'échappée (Valjavec et Vila), s'est montré tout heureux de l'aubaine.

A 30 ans, le champion d'Espagne s'est imposé pour la première fois dans le Giro dont il est un des habitués des places d'honneur au classement final (4e en 2002, 5e en 2005, 10e en 2004). "Voigt a démontré que le cyclisme, ce n'est pas seulement franchir le premier la ligne", a déclaré Garate qui, en réponse aux problèmes rencontrés en Espagne, a réagi: "C'est un désastre. Mais, d'ici, je ne suis pas vraiment en mesure d'en parler. En Espagne, il n'existait pas de loi antidopage comme en Italie. Maintenant, il y en a une. Les choses changent."

A l'arrivée jugée à l'altitude de 1918 mètres, la plupart des autres membres de l'échappée (Sella, Parra, Tschopp, Halgand) se sont intercalés Mais, la lutte pour le classement général a éclipsé leur performance méritoire.

Sur les pentes les plus dures du Passo di San Pellegrino, l'Italien Gilberto Simoni, lancé par son coéquipier Leonardo Piepoli, a tout fait pour reprendre du temps à l'Espagnol José Enrique Gutierrez, accroché à sa deuxième place.

Le grimpeur italien, suivi par Basso, a fini par décramponner son rival. Sur la ligne, Gutierrez, qui s'est battu comme un beau diable, a limité toutefois la perte à 24 secondes. Pour Basso, qui n'a donné aucun signe de faiblesse au contraire de l'Allemand Jan Ullrich (abandon à cause de douleurs dorsales), la (longue) journée avait commencé de la meilleure des façons. A 09h10, le porteur du maillot rose avait appris la naissance à Milan de son deuxième enfant, un fils prénommé Santiago.

A deux jours de l'arrivée, l'Italien possède toutes les clés de la course malgré l'extrême difficulté de l'avant-dernière étape entre Trente et Aprica (211 km).
Après le Tonale, la course atteint le point le plus haut de cette édition, le sommet du légendaire Gavia (2618 mètres), puis s'attaque au Mortirolo, un col étouffant de 12,8 kilomètres (à 10,3 % de pente) dont le sommet est situé à 32 kilomètres de l'arrivée.