L'ex-président de l'UCI a remis de l'huile sur le feu

STUTTGART Hein Verbruggen, l'ancien président de l'UCI, a mis de l'huile sur le feu dans la guerre qui oppose l'UCI à ASO, organisatrice du Tour.

"Je vais avoir 67 ans, il est temps de dégager. J'ai quitté le cyclisme. Je suis encore dans le Conseil professionnel de l'UCI et c'est la seule chose qui m'intéresse , dit-il. Et si je suis vice-président, c'est seulement parce je ne pourrais pas, sinon, achever mon travail pour le CIO."

Il devrait donc vraisemblablement s'effacer après les Jeux Olympiques de Pékin dont il sera le responsable des contrôles antidopage. Avant cela, Hein Verbruggen règle un différend datant de 2004 avec les organisateurs du Tour, qui ne veulent pas intégrer le ProTour, dont il est l'instigateur.

Le Néerlandais reconnaît avoir réuni, en janvier, un grand nombre d'équipes et d'organisateurs afin de discuter des possibilités d'avenir du cyclisme.

"J'ai dit que le chiffre d'affaires du cyclisme est maintenant de 350 millions d'euros et qu'il peut passer à 800 millions en dix ans , ajoute-t-il. Aucun financier ne va injecter de l'argent pour rien. Il veut avoir son mot à dire. C'est dangereux quand le sport se retrouve aux mains des seuls financiers. On le voit bien au Tour. Les actionnaires ne voient que le bénéfice et toutes les décisions sont basées là-dessus."

"Tout le monde met cet événement sur un piédestal , poursuit-il. Un bon Tour est une bonne année cycliste, un mauvais Tour, une mauvaise année cycliste. Mais si on prend les statistiques à ce sujet : 1998 était une année catastrophique, 2006 était une année catastrophique, et 2007 également. Trois fois en dix ans. Il faut en arriver à la conclusion que c'est une course pour laquelle les coureurs sont prêts à prendre des risques. En tant qu'organisateur, vous êtes coincé et vous cherchez des boucs émissaires. Et le bouc émissaire idéal, c'est moi. Dans le cyclisme, vous ne pouvez rien faire si vous continuez à accepter que des sponsors disent quoi qu'il arrive, la seule chose qui compte pour nous, c'est de participer au Tour. Alors, c'est fini et vous devez aller à Paris. Nous devons faire un ProTour mais, pour l'amour du ciel, sans le Tour. Car avec le Tour, on ne va nulle part. Le Tour est un produit faible . Ils réalisent d'énormes bénéfices. Mais il ne faudrait pas encore deux années comme celle-ci pour que tout s'écroule."



© La Dernière Heure 2007