Merckx et Godefroot ne tarissent pas d’éloges pour Philippe Gilbert, désormais n°1 mondial

Un nouveau duel Gilbert-Valverde


BRUXELLES En terminant 4e à Ans, dimanche sur les hauteurs de Liège, Philippe Gilbert a conquis les points nécessaires pour devenir officiellement hier le nouveau numéro 1 mondial, selon le classement publié par l’Union cycliste internationale chaque lundi après une épreuve du calendrier ProTour mondial.

“Dommage qu’il n’y a plus de maillot comme avant”, regrette le Liégeois dont la campagne d’un autre temps a séduit nos plus grands champions, à commencer par le premier d’entre eux.

“Philippe est un coureur comme je les aime”, assure Eddy Merckx. “Il est désormais de la même valeur que Tom Boonen. Il vit à cent pour cent pour son métier. C’est quelqu’un avec une force de caractère intense mais aussi d’énormes possibilités.”

Le Bruxellois le croit capable de gagner un jour chaque gran- de classique.

“Il peut toutes les remporter en effet, sauf sans doute la Flèche Wallonne car le Mur de Huy restera un obstacle pour lui”, dit encore Eddy Merckx. “Contrairement à Boonen, qui, je le regrette, ne pousse pas sa saison des classiques au moins jusqu’à l’Amstel. Ce que Philippe peut, Tom devrait le pouvoir, mais c’est une question de mentalité.”

Ses prestations durant la série des classiques du printemps ont fini par conquérir même ceux qui doutaient un peu du Wallon.

Surtout, c’est la constance de Philippe Gilbert au plus haut niveau qui frappe les anciens champions.

Songez qu’il y a trente ans (Alphonse De Wolf en 1980) que personne n’avait plus conquis, comme il vient de le faire, six fois une place parmi les dix premiers dans une classique du printemps.

“Aujourd’hui, plus personne ne fait cela”, souligne Walter Godefroot. “Tous les coureurs sont spécialisés. Gilbert, lui, est capable de prester au plus haut niveau durant un moi et demi. Il est là dans toutes les finales. C’est un coureur comme on en connaissait dans les anciennes générations. C’est difficile à le classer car il est même plus complet que des champions comme Van Petegem, Museeuw et Boonen.”

Le Flandrien lui promet encore un bel avenir.

“Il n’a que vingt-sept ans, ses meilleures années arrivent”, dit encore Godefroot. “Il a pris place parmi les grands coureurs de classiques du moment. On sait qu’entre gagner et perdre, la marge est ténue, mais il est parti pour entrer dans la galerie des grands champions. Je le crois toujours plutôt apte à gagner les classiques ardennaises, mais il peut gagner toutes les classiques alors que Boonen, s’il pourrait peut-être espérer faire quelque chose à Liège-Bastogne-Liège en se préparant spécialement, ne gagnera jamais le Tour de Lombardie.”



© La Dernière Heure 2010