"Un manager doit être quelqu'un formé pour ça!"

BRAKEL Pensez-vous que le milieu du cyclisme soit adapté aux exigences du monde actuel ?

N.M. : "Il y encore pas mal de choses qui doivent évoluer ! Pour ma part, j'estime que quelqu'un qui est actuellement directeur sportif (je ne donnerai pas de nom), qui a autrefois roulé à tous les produits qu'on pouvait alors trouver (pots belges, etc...), ne peut pas être accepté dans cette fonction, au sein d'une équipe ! Ca, c'est une chose. Mais même sans parler de dopage ou de pratique interdite, je ne trouve pas normal qu'on puisse passer comme ça d'un statut de coureur à celui de directeur sportif ou de manager. Croyez-vous que ça se passerait ainsi dans une entreprise ? Le management, c'est quand même le plus haut niveau; il faut être formé pour ça. Et chez nous, c'est possible ! Il fut même une époque où c'était les plus grandes chaudières du peloton qui devenaient responsables d'équipe. C'est tout le système, cette filière instaurée presque par tradition coureur-directeur sportif-manager qui doit changer ! Ce n'est pas parce qu'un directeur sportif lit bien la course qu'il est compétent dans la négociation des contrats. Au contraire, il ne devrait pas se mêler des contrats !"

P. V.P. : "Le cyclisme est, encore et toujours, un sport du peuple dirigé par des gens du peuple. Il n'y a selon moi que très peu de dirigeants, dans le sens global du terme, qui ont les capacités intellectuelles pour faire leur job. Comparez un peu avec ce qui se passe dans le football. C'est certes aussi un sport populaire, mais les gens qui dirigent les clubs ou les fédérations sont eux-mêmes à la tête d'entreprises. Moi, si j'étais responsable d'une équipe, je veillerai à m'entourer de gens compétents, issus des affaires."



© La Dernière Heure 2007