Rebellin rattrapé par le dopage, comme Schumacher, à nouveau confondu

BRUXELLES Autant l'annonce, hier, de ce que Stefan Schumacher est le deuxième coureur contrôlé positif a posteriori aux Jeux de Pékin, n'a guère surpris (elle a même sans doute fait pousser un ouf ! de soulagement au microcosme), autant, quelques heures plus tôt, celle qui avait plongé Davide Rebellin dans la tourmente a fait l'effet d'une véritable bombe.

Une semaine après avoir enlevé la Flèche Wallonne, à 37 ans, quarante-huit heures après être monté pour la 22e fois sur le podium d'une grande classique à Liège-Bastogne-Liège, le plus ancien coureur pro du peloton (dix-huitième saison en cours, 53 succès dont 7 classiques) a donc été confondu.

L'intéressé s'en défend pourtant avec une véhémence (voir par ailleurs) dont, de prime abord, on ne l'imagine pas capable, qui a aussi un air de déjà entendu. Celui que Giancarlo Ferretti, son premier directeur sportif, chez MG-GB en 1992, avait surnommé l'enfant de chœur en raison de son apparence frêle et timide, n'en était donc pas un. Tenté par le diable, comme Schumacher et Kohl, ses ex-partenaires d'une équipe Gerolsteiner dont les leaders étaient des falsificateurs, Rebellin tombe de son piédestal. Avec cette nouvelle affaire, c'est tout le peloton qui est groggy et ne sait plus à quel saint se vouer.

Ne sera-ce donc jamais fini ? Ne pourra-t-on jamais faire confiance à quiconque ? Chaque résultat sera-t-il toujours suspicieux ? Auréolé de son succès au Mur de Huy, Rebellin prêchait pour un cyclisme propre, vouant les tricheurs aux gémonies, leur promettant l'enfer. Le voici, crucifié, en passe d'être excommunié ad vitam aeternam...

Hier, Gianni Savio, le patron d'une équipe Diquigiovanni sous le choc, a annoncé la suspension immédiate du coureur. Savio s'est dit "troublé et incrédule", espérant "que les analyses pourront donner raison au coureur qui se déclare innocent". C'est, dit-il, ce qu'il souhaite "fortement car [...] nous avons pu apprécier ses qualités, sportives et morales."

Un autre vœu pieux ?



© La Dernière Heure 2009