Laurent Jalabert est de retour chez nous, sur des routes qu'il a enflammées quand il était coureur

L'interview de Laurent Jalabert

LIÈGE Nous trouvons parfois que certains coureurs, au bout de quelques années de professionnalisme, oublient un peu le bonheur qu'ils ont de faire de leur sport un métier pour ne plus penser qu'à ce que ce sport peut leur rapporter.

Laurent Jalabert n'a jamais mangé de ce pain-là. Il a toujours exercé sa profession avec envie et, maintenant qu'il est passé à autre chose, il a gardé non seulement son goût prononcé pour les petits bonheurs de l'existence, mais aussi conservé sa passion du sport. Pas question pour lui de s'asseoir dans un fauteuil et de s'assoupir devant la télé, ce n'est pas le genre de la maison !

Rencontre avec celui qui fut n°1 mondial en 95, 96, 97 et 99, et termina sa carrière en 2002, en ayant fait preuve d'une belle polyvalence, puisqu'il se distingua tant dans les courses d'un jour que dans les épreuves à étapes ! On n'oubliera pas en effet ses succès à Paris-Nice, en Romandie et au Tour d'Espagne, pas plus que ses deux titres de meilleur grimpeur au Tour de France en 2001 et 2002.

Laurent Jalabert, qu'est-ce que cela vous fait de revenir en Belgique pour la Flèche et Liège ?

"Cela me fait énormément plaisir, d'autant que c'est la première fois que je reviens ici (pour France Télévision) depuis que j'ai arrêté la compétition. J'ai de très grands souvenirs dans cette région. Mais, d'abord, je me rappelle que j'ai gagné ma première étape du Tour de France chez vous. C'était en 92, à Bruxelles. Et puis, je n'oublie que j'ai remporté la Flèche Wallonne à deux reprises (95 et 97). Les classiques ardennaises représentaient pour moi un rendez-vous majeur de la saison, sur lequel je me suis beaucoup concentré. J'ai connu la réussite sur la Flèche, mais j'ai malheureusement échoué dans la conquête de Liège. Cette course constituait pourtant un rêve pour moi, un rêve qui n'a pas abouti, mais cela ne m'empêche pas d'en garder un souvenir agréable."

Avez-vous un lien particulier avec le public belge ?

"J'ai un lien particulier avec le public en général. Je pense qu'il importe surtout de laisser de bons souvenirs dans la mémoire des gens. Je crois avoir marqué mon époque, surtout ici, en Wallonie et le public belge me le rend bien. Je viens peu ici, mais je me rends compte que les gens me connaissent encore et cela fait plaisir."

En parlant de cette région et de ces courses, quel est le premier souvenir qui vous revient directement à l'esprit ?

"C'est ma première participation à Liège, en 91. J'avais pris la 11e place. Là, j'ai compris qu'il s'agissait d'une course qui pouvait me convenir. Ensuite, en 95, je devais être le plus fort de la Doyenne, je n'ai pas gagné, mais j'ai quand même assumé mon rôle de favori (NdlR : il finit 4e à Liège). Les deux autres faits marquants sont mes deux échecs face à Bartoli, qui a été ma bête noire à Liège, en 97 et en 98, me laissant à chaque fois la deuxième place derrière lui."



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