Ce samedi, la Course au Soleil aura un peu des allures du Tour avec une véritable étape de montagne.

Pour sa septante-cinquième édition, Paris-Nice va connaître ce samedi au sommet du col de la Couillole son arrivée la plus haute et une véritable étape de montagne, digne du Tour de France, avec plus de trois mille mètres de dénivelé.

Le col des Alpes Maritimes culmine à 1.678 mètres, soit… quatre de plus que la station de Valberg où, en 1999, un certain Frank Vandenbroucke s’était imposé, un an après sa victoire finale dans la Course au soleil.

Cette fois, c’est aussi dans un décor de station de ski que les coureurs vont arriver. Il y a dix jours, il neigeait encore à la Couillole qui se trouve sur les hauteurs de la station du Robion où les pistes de ski présentent ce week-end un enneigement de 40 centimètres.

S’ils vont échapper à la pluie qui tombera… dimanche, les coureurs seront confrontés à un nouveau choc thermique (24° ce vendredi, 17° samedi au départ à Nice, 6° à l’arrivée) et au vent qui souffle toujours dans le Haut Pays Niçois.

"Cette ascension peut donner lieu à des surprises parce que les coureurs n’auront pas de repères", explique l’ancien coureur François Lemarchand, directeur de l’épreuve et concepteur du parcours. "D’abord, ils n’y sont jamais venus en course, mais c’est aussi la première fois qu’ils sont confrontés à une étape de ce niveau aussi tôt dans la saison. Sur le Tour de France, ce serait l’équivalent d’une étape de montagne piégeuse !"

Évidemment, de nombreux coureurs sont venus reconnaître ce col et la finale de l’étape-reine de cette édition 2017. Romain Bardet, qui dispose d’un pied à terre à Vence, s’y était rendu il y a peu, mais le Français n’est plus là. Richie Porte, Monégasque pendant la saison, a, comme tous ceux qui vivent dans la région, pris du temps pour monter lui aussi sur cette montée longue, 15,7km, pentue, 7,1 % de moyenne, mais régulière, chaque kilomètre faisant entre 6,5 et 8 %.

"Maintenant, je n’ai plus rien, je dois m’amuser", dit l’Australien, troisième à Fayence et leader du classement WorldTour après son succès au Tour Down Under. "Heureusement, ça va de mieux en mieux après ma déroute de lundi".

Julian Alaphilippe s’est aussi contraint à reconnaître l’ascension finale.

"J’aurais également aimé voir le col précédent, le col de Saint-Martin, mais malheureusement il y avait eu un éboulement et j’ai dû monter en voiture", dit le maillot jaune. "Après, j’ai escaladé la Couillole, mais ça s’est fait dans des conditions normales et non en compétition, à la fin d’une étape très dure et au septième jour d’une course qui a été pénible depuis son départ. Ça va être compliqué, c’est certain, le col est régulier, mais la route ne rend pas beaucoup."

Si la longueur annoncée du col de Saint-Martin (1.515 mètres d’altitude) est de 7,5 km à 7,2 %, en fait, la route monte pendant quarante kilomètres, depuis le ravitaillement à Utelle (168 m). La descente vers Saint-Sauveur-sur-Tinée, d’où part le pied de la Couillole, est très technique.