Ses parents, sa famille, ses amis et supporters ainsi que sa compagne, Elke, suivront la course dans un restaurant de Louvain qu’ils ont privatisé pour l’occasion. Eux rêvent sans doute de voir leur champion remporter le mondial, dimanche, comme Jasper Stuyven l’avait fait, alors qu’il était junior, à Moscou, en 2009.

Le vainqueur de Milan-Sanremo peut être considéré, comme Remco Evenepoel sans doute, comme le leader de rechange de l’équipe belge, mais le Louvaniste, qui évoluera sur des routes qu’il connaît parfaitement puisque le parcours du circuit final passe à 250 mètres de sa maison familiale, n’en démord pas.

"On n’a qu’un plan : aider Wout (Van Aert) à devenir champion du monde", a-t-il répété ce jeudi dans un salon de l’hôtel malinois où loge l’équipe, lors du point presse de la sélection nationale. Comme les autres coureurs retenus par Sven Vanthourenhout, Jasper Stuyven commence même à être un peu irrité par les questions qui reviennent sans cesse.

"Wout est le leader unique, on l’a déjà dit et répété mille fois", dit-il. "Il y a un peu de frustration parce que, malgré cela, chacun essaie (NdlR : les journalistes) de nous pousser les uns et les autres à dire qu’on a des ambitions personnelles, alors que c’est évident que nous sommes un groupe qui croit dans les chances de Wout. Ce serait terrible que cela rate parce que quelqu’un ne jouerait pas le jeu, mais je suis certain qu’avec ce groupe ce ne sera pas le cas. C’est clair, on le sait tous, on l’accepte tous."

Le Brabançon croit en la force collective de notre équipe et en la solidité de son leader.

"On est certainement une des plus fortes équipes, mais on ne domine pas tout le monde de la tête et des épaules non plus", dit-il le coureur de Trek-Segafredo. "Et on ne doit certainement pas en faire trop parce que la course a lieu en Belgique. Il y a mille scénarios possibles, mais on va tout faire pour que l’épilogue soit à chaque fois le même : que Wout s’impose. Le plus important sera de le placer dans les meilleures conditions dans la finale afin qu’il s’empare du maillot arc-en-ciel. Il peut gagner de tellement de manières, dans un groupe de trente, en solitaire, à trois ou quatre, à dix… Je le répète, Wout est le leader et il ose aussi l’affirmer et prendre ses responsabilités, nous allons tout faire pour l’aider, mais le cyclisme n’est pas une science exacte."

Parfait connaisseur du parcours, Jasper Stuyven essaie de comparer le tracé du Mondial à une classique.

"On emprunte évidemment les routes de la Flèche brabançonne", dit-il, "mais avec soixante kilomètres de plus. Ça tourne sans cesse avec de nombreuses côtes, comme au Tour des Flandres ou plutôt à l’Amstel Gold Race…"