Cyclisme

"Nous savions qu’il n’était pas bien, qu’il avait des hauts et des bas, côté santé et côté moral"


MOUSCRON Un peu avant 23 h, lundi soir, lorsque Jean-Luc Vandenbroucke, l’oncle de Frank, nous a eu au téléphone, il était encore sous le coup de l’émotion. " J’ai eu son papa il y a une heure, expliquait l’ancien coureur et directeur sportif. Il m’a dit qu’on l’avait averti depuis le Sénégal que Frank était décédé. Mais il n’avait encore aucune précision. " Marqué par la terrible nouvelle, Jean-Luc VDB a pourtant admis : " Ce n’est malheureusement qu’une demi-surprise. Nous savions qu’il n’était pas bien, qu’il avait des hauts et des bas, côté santé et côté moral. Il était parti la veille pour le Sénégal. En vacances je suppose. " Des hauts et des bas, comme le fut sa carrière.

" Hélas, oui, poursuit Jean-Luc. Nous appréhendions qu’avec son parcours chaotique, celui-ci pouvait se terminer mal. À la Pantani ou que sais-je. Je le répète, nous n’avons aucune précision quant à la cause de son décès à ce moment-ci. " C’est dramatique. C’était encore un jeune homme. " À Mendrisio, lors du championnat du monde auquel il avait assisté, il avait laissé une bonne impression. Au point qu’un journaliste français m’avait dit : " Il a l’air d’avoir la forme et le moral ". Je lui avais répondu : " Méfiez-vous, on ne sait jamais ce que Frank nous réserve."

Jean-Luc Vandenbroucke, l’oncle, a été le premier directeur sportif de Frank lorsque celui-ci, encore très jeune, a fait ses débuts au sein de la formation Lotto. Nous avions longuement discuté avec l’oncle et le neveu, lors du traditionnel stage de Combloux. L’assurance du jeune Frank nous avait presque inquiété. Soit le jeune homme, surdoué, devenait la nouvelle star du cyclisme mondial, soit, trop vite, il se brûlerait les ailes...

© La Dernière Heure 2009