C'est ce qu'il révèle dans son livre "Museeuw spreekt - van leeuw tot prooi"


BRUXELLES Dans son livre "Museeuw spreekt - van leeuw tot prooi" ("Museeuw parler - de lion à proie"), présenté mercredi, l'ancien champion cycliste Johan Museeuw avoue comment il a acheté de l'EPO. L'ouvrage débute le 4 septembre 2003, jour de la perquisition chez lui liée à l'affaire Landuyt, jusqu'au 16 décembre 2008 avec la décision de justice.

"Je veux dire que je ne suis qu'un homme de chair et de sang. Je n'arrivais pas à quitter le sport cycliste. J'étais sur un nuage. J'étais le roi et je voulais rester sur le trône. D'où ma fuite vers l'EPO", a expliqué l'ancien champion du monde.

"Je me suis rendu à Cologne, me suis parqué dans un garage souterrain et suis entré dans une pharmacie. Un peu déguisé avec des lunettes de lecture sur le nez. J'ai montré un papier avec ce dont j'avais besoin. Le pharmacien m'a dit quelque chose que je n'ai pas compris et est revenu avec une petite boîte. Je l'ai prise et j'ai payé cash. Ce devait entre 50 et 100 euros. Le pharmacien n'a rien demandé et n'a pas donné plus d'explications. Visiblement, l'EPO et l'Aranesp étaient en vente libre en Allemagne", explique Museeuw dans son livre.
Museeuw veut par ce livre clore un chapitre de sa vie.

"J'ai été suspendu deux ans par la Ligue vélocipédique. J'ai aussi reçu une lourde peine de la justice comme un criminel. Ce que je ne suis pas. J'ai juste pris de l'EPO. Je veux revenir dans le cyclisme. On m'a demandé d'être chronométreur sur le Tour de Flandres. J'ai accepté avec plaisir cette offre. Je veux revenir au coeur du peloton cycliste" a encore ajouté Museeuw.

Il s'agit du 13e ouvrage de Rik Vanwalleghem. "Ce n'est pas vraiment un livre de cyclisme. Il n'y pas le palmarès de Museeuw à la fin de l'ouvrage. J'ai reçu une commande de l'éditeur Lannoo pour ce livre. J'ai refusé d'abord. Ma relation avec Johan Museeuw s'était détériorée au fil des années. Et je n'étais pas le seul. De nombreux collègues journalistes avaient encore sur le coeur son attitude hostile à l'égard des médias" a déclaré Rik Vanwalleghem.

"Finalement, fin 2007, j'ai rendu visite à Johan Museeuw. J'ai dû regagner sa confiance pour tout pouvoir écrire. De plus, je ne voulais pas que cela devienne une vengeance contre le monde cycliste. Il est apparu toutefois que c'est une confession sincère que j'ai mis en musique. J'avais aussi de nombreuses questions concernant l'ouverture de Johan Museeuw. Nous avons eu une vingtaine de discussions de deux heures. Le livre n'est pas ma version des faits mais une sorte de monologue du coureur, sans limites".

Six milles exemplaires, en flamand uniquement, ont été imprimés lors du 1er tirage. Un 2e tirage devrait être imprimé d'ici peu. Le livre est mis en vente au prix de 19,95 euros dont une partie des revenus seront reversés à un fond de lutte contre le cancer des enfants, une action chère à Johan Museeuw.

© La Dernière Heure 2009