Le sommet antidopage réunit UCI, AMA, coureurs, organisateurs et juristes

PARIS Le cyclisme reste ce merveilleux sport, gratuit, itinérant, avec des athlètes proches du public. Un public en grande partie composé de passionnés, qui encouragent autant leur favori que l'ensemble du peloton. Mais cet enthousiasme et cet élan populaire ont perdu récemment leur naïveté avec l'accumulation des affaires de dopage. D'ailleurs, l'image de la saison, ce ne sont pas les multiples attaques de Gilbert ou la belle progression de Monfort, mais bien celle de Rasmussen, maillot jaune hué par le public.

Dans ce marasme, dans ce contexte déprimant, la suspicion se généralise. Seule consolation : se dire que plus il y a de gros poissons pêchés par la lutte antidopage, plus rapidement le peloton pourra reprendre son parcours dans le bon sens du courant.

Et cela passe par un arsenal de mesures pour coincer les tricheurs, comme celles qui pourraient sortir du Sommet antidopage, débuté hier à Paris et qui se clôturera aujourd'hui. A l'issue de la première journée, Anne Gripper, directrice antidopage de l'UCI, a annoncé que le nombre de contrôles serait doublé en 2008. Soit 15.000 tests : 8.000 en course et le reste pour les contrôles inopinés. "Mais on peut effectuer des centaines de tests et toujours laisser filer des tricheurs" , prévient David Howman, directeur exécutif de l'AMA. "Marion Jones a été testée à 160 reprises mais n'a jamais été prise alors qu'elle a avoué avoir triché pendant sept ans. Nous devons solliciter l'aide des gouvernements pour stopper les trafiquants et les utilisateurs de produits dopants."

La contre-expertise de Mayo négative

Cette amélioration de la lutte antidopage pourrait passer par le passeport biologique (voir ci-contre). Mais si on ne peut qu'encourager la lutte antidopage, on ne peut oublier que la présomption d'innocence est, elle aussi, primordiale. Comme le prouve le cas d'Iban Mayo.

Même s'il n'a pas la meilleure réputation, le Basque vient d'être blanchi par la Fédération espagnole. Positif à l'EPO sur le Tour, sa contre-expertise s'est révélée négative. De quoi faire cogiter, aujourd'hui, les acteurs des dernières tables rondes sur le dopage...



© La Dernière Heure 2007