Les cas sont nombreux

BRUXELLES La testostérone, en cause dans le cas positif de Floyd Landis, est l’un des produits couramment retrouvés dans les analyses des contrôles antidopage. Interdite par la réglementation depuis 1982, la testostérone est la principale hormone sexuelle mâle, une hormone stéroïde du groupe des androgènes. Secrétée par les testicules, elle agit sur nombre d’organes (cerveau, cœur, muscles) et exerce notamment un effet anabolisant sur les muscles. Déviée de son utilisation thérapeutique par les sportifs, elle a pour principale conséquence d’accroître la force et la puissance musculaire, mais elle accroît également la volonté et l’agressivité, tout en faisant reculer le seuil de fatigue. La détection d’un taux trop important de testostérone dans les urines peut aussi être la résultante de la prise d’autres produits interdits. Mais dans ce cas, seul une analyse sanguine pourra préciser la nature du dopage.

Selon une récente étude australienne, le dopage à la testostérone pourrait affaiblir les défenses immunitaires contre les infections, voire à long terme contre le cancer. La testostérone a longtemps posé des problèmes quant au seuil déterminant un contrôle positif. Au-delà d’un rapport testostérone/épitestostérone supérieur à 4 (depuis janvier 2005, c’était 6 avant !), le sportif était déclaré positif à moins qu’il apporte la preuve que le résultat était dû à une condition physiologique ou pathologique.

La technique d’analyse par spectrométrie de masse isotopique du carbone a permis de détecter ensuite l’apport exogène de testostérone. La signature isotopique d’une prise de testostérone ou de l’un de ses précurseurs peut ainsi être démontrée. Autre avantage de l’analyse isotopique, elle possède une fenêtre de détection sensiblement plus longue après la prise du produit que le rapport testostérone/épitestostérone, qui redevient vite normal.

Une nouvelle méthode de détection prometteuse, la métabonomique, a été évoquée l’année passée. Au lieu de rechercher les produits de type androgène par eux-mêmes, comme le font les chimistes analystes, il s’agit de rechercher les effets physiologiques de ces produits par le biais de la spectroscopie par résonance magnétique nucléaire et de classer les modifications constatées.

Dans l’histoire du cyclisme, la testostérone a donné lieu à des affaires retentissantes, notamment à la fin des années 1980, avant que l’EPO ne devienne le produit dopant vedette. Gert-Jan Theunisse, le Hollandais aux cheveux longs et au visage d’Indien, qui fut l’un des personnages marquants du Tour de ces années-là (meilleur grimpeur et 4e du classement final en 1989) a ainsi reçu notification à trois reprises d’un contrôle positif.

Plus récemment, lFrancesco Casagrande et Santiago Botero (qui a présenté ensuite un dossier médical en sa faveur) ont été déclarés positif à la testostérone. Tout comme un autre coureur de l’équipe Phonak, le Sascha Urweider, 2e du championnat de Suisse 2004, qui avait également subi un contrôle positif à la testostérone le 14 février de cette année. Le dernier cas notable en date est celui d’Inigo Landaluze, le vainqueur du Dauphiné 2005. Malgré un résultat positif, le coureur n’a pas été suspendu par sa fédération, ce qui lui a permis de participer au Tour de France 2006 (3e de la 10e étape à Pau). L’UCI a fait appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), aujourd’hui en charge du dossier.