Le Liégeois n'a pas gagné, mais il a encore franchi un palier et flirte désormais avec le top mondial

BRUXELLES En cyclisme, c'est vrai, on n'a tendance à ne considérer que les vainqueurs. Com- me un buteur est considéré au nombre de ses réalisations, un coureur est souvent étalonné par ses succès.

Le compteur 2009 de Philippe Gilbert est toujours bloqué à zéro, là où, il y a douze mois, le Wallon affichait cinq victoires (d'ailleurs depuis le début mars). Passe pour son exceptionnelle échappée victorieuse au Circuit Het Volk 2008 qui restera longtemps dans les mémoires, mais peut-on légitimement placer au-dessus de ses récentes prestations les victoires conquises à Majorque ou au Samyn l'an passé ?

En terminant 3e du Tour des Flandres, où, dans la finale, il fit plus que jeu égal avec Tom Boonen et Filippo Pozzato, sur le Mur de Grammont puis au Bosberg, avant de régler le sprint du peloton en force, Gilbert avait déjà surpris bon nombre d'observateurs. Surtout que le chef de file de Silence-Lotto avait eu un début de saison volontairement (programme allégé et pic de forme repoussé) et involontairement (problèmes musculaires dus à une mauvaise position en machine et abandon à Paris-Nice) différent du précédent.

Sa prestation à l'Amstel , 4e, doit laisser des regrets. Il n'a pas manqué grand-chose pour qu'il batte Cunego pour la victoire au sommet du Cauberg.

Enfin, Gilbert a encore étonné dimanche à Liège-Bastogne-Liège (4e) où un seul homme, Andy Schleck, lui fut supérieur.

"Pour la première fois, je peux peser sur ces courses qui m'ont toujours fait rêver", sourit le Monégasque. "Je suis heureux d'y avoir joué un rôle, c'est pour cela que je fais du vélo, pour connaître ces moments."

Le Wallon n'en a d'ailleurs pas fini avec le printemps. Cette année, on le sait, il ne devrait pas (restons prudents) courir le Tour de France. Depuis hier, il dispute le Tour de Romandie, qu'il abandonnera après le chrono par équipes, vendredi. Il sera ensuite au Tour d'Italie.

"J'irais au bout, sauf si mon corps me demande de me retirer" dit Gilbert qui a déjà jeté son dévolu sur une étape, la troisième, qui arrive à Valdobbiandene, au terme d'un final en côte, ni trop longue, ni trop raide, qui va comme un gant au Liégeois. C'est ce que confie d'ailleurs Alessandro Teigner, le responsable presse de Quick Step, qui vit dans cette région de Vénétie.

"Vous pouvez dire à Philippe que la 3e étape du Giro est faite pour lui", confiait-il dimanche.



© La Dernière Heure 2009