Philippe Gilbert était remonté, ce mercredi, à l’arrivée de la deuxième étape des Quatre Jours de Dunkerque. À quelques mètres du zoo de Maubeuge, le Sanglier n’avait pas sa langue en poche et n’a pas hésité à dire sa façon de penser sur la dangerosité du circuit final. "C’est scandaleux, c’était beaucoup trop dangereux !, raconte l’ancien champion du monde. Il y avait des bordures dans tous les sens, il y avait des morceaux de verre. C’est scandaleux d’avoir une arrivée comme ça. Il y a déjà eu des chutes au premier passage, pas mal de coureurs sont tombés. C’est inacceptable."

Il n’a pas été le seul à évoquer ce danger. Le Français Benjamin Thomas, parti à l’attaque dans le final, a également eu des mots durs. "Il y avait des trous, des bordures, c’était vraiment dangereux : faire ce genre de fin de course, c’est forcer les coureurs à aller à leurs limites et mettre en danger leur santé."

Comme Thomas, Gilbert avait aussi tenté d’éviter le sprint massif remporté par le jeune Français Jason Tesson (deuxième mardi à Aniche). "Je savais que cela allait être compliqué, car il restait encore pas mal de kilomètres (12) et pas mal de coéquipiers au peloton, mais je voulais anticiper, poursuit le Liégeois. C’était bien tenté, car le parcours était étroit, cela convenait aux offensives."

En difficulté sur les classiques, qu’il n’a pas abordées à son meilleur niveau à cause de plusieurs maladies, le futur retraité semble monter en puissance. "Je ne suis plus malade, j’arrive à respirer, c’est un grand changement, ajoute-t-il. Cela faisait deux mois et demi que je ne respirais plus correctement. Cela devenait long ! Pendant cette période, je n’avais pas pu m’entraîner comme j’aurais dû. Il m’a manqué les longues sorties et les entraînements durs pour franchir un cap. Cela viendra plus tard dans la saison. Sur les classiques, je ne pouvais donc pas me frotter aux meilleurs. Une course comme les Quatre Jours de Dunkerque est plus accessible."

Comme il l’a souvent répété depuis le début de sa dernière saison chez les pros, il veut profiter de chaque épreuve, prendre du plaisir. Mais il veut surtout retrouver les résultats. L’étape de ce jeudi, entre Péronne et le Mont-Saint-Éloi, au sommet duquel sera jugée l’arrivée, pourrait lui offrir une belle opportunité. Comme l’étape reine, celle de Cassel, samedi. "Ces étapes seront dures et usantes, oui, elles pourraient me convenir (sourire)."