Cyclisme

Jusqu'à un kilomètre de l'arrivée, la victoire semblait se présenter sur un plateau pour Julian Alaphilippe.

Le Français était manifestement bien parti pour ajouter l'Amstel Gold Race à son palmarès. La question n'était pas de savoir si son compagnon d'échappée, Jakob Fuglsang, allait le battre au sprint, mais à combien de longueurs le Danois allait finir…

Subitement, Michal Kwiatkowski d'abord, puis le groupe de poursuite emmené par un exceptionnel Mathieu Van der Poel sont revenus dans les derniers hectomètres et mètres sur les deux échappés et le succès s'est envolé en fumée. Une demi-heure après la course, le Français de Deceuninck-Quick Step ne savait pas ce qu'il devait penser de cette finale.

"Honnêtement, je ne sais pas trop ce qui s'est passé", disait Alaphilippe. "J'ai donné le maximum, dès mon attaque jusqu'à la ligne. Avec Fuglsang, on s'est bien entendu. A deux ou trois kilomètres, j'ai entendu qu'on avait encore 45 secondes. Après, j'ai pas compris, j'ai vu Michal Kwiatkowski revenir de nulle part et juste derrière lui le groupe qui arrivait. Je ne suis pas déçu d'avoir perdu, je suis déçu de la manière avec laquelle cette course m'échappe."

Patrick Lefevere abondait dans le sens de son coureur et le manager de l'équipe belge pointait des fautes d'organisation et de communication.

"La finale était sans doute très belle pour les spectateurs et je ne veux pas passer pour le mauvais perdant", disait Lefevere, "mais Monsieur Van Vliet (NdlR : l'ancien coureur Léo Van Vliet, organisateur de l'Amstel) est venu à deux kilomètres à leur côté dire qu'ils avaient 45 secondes d'avance. Ce n'était manifestement pas vrai ! Je vous invite à regarder à nouveau les images de la finale car ce n'est pas tout. La moto de la télévision est encore à 300, 400 mètres (en fait 400, 500) encore intercalée devant le groupe Van der Poel. Il faut être sérieux. Dans la finale d'une classique, les motos ne doivent plus être là. Après avoir pris 110 photos, ça suffit !"

En arrivant dans le bus de son équipe, Julian Alaphilippe avait poussé un grand m… de frustration.

"Je le comprends", disait encore Lefevere. "C'est la preuve qu'une course n'est finie qu'une fois la ligne d'arrivée franchie, Fuglsang a voulu jouer. Au lieu d'être deuxième, il est troisième ! Fuglsang était le compagnon idéal. Mais à quatre kilomètres de l'arrivée, il n'a plus voulu passer. Julian avait des crampes dans le mollet. Il s'est un peu retenu. Bien sûr, c'est facile, mais après coup on peut se dire que s'ils avaient attendu Kwiatkowski et Trentin, à quatre, ils auraient été au bout. Mais on ne sait jamais ce qui se passe à quatre, ça devient autre chose qu'à deux, les hésitations, les spéculations. Avec des si…, on connaît la chanson."