Deux fois 2e et trois fois 3e cette saison, Nacer Bouhanni est l’un des principaux favoris en cas d’arrivée massive au G.P. de l’Escaut dont il a fini 3e il y a quatre ans. Pourtant, depuis son sprint dangereux à Cholet-Pays de la Loire, où il avait tassé le Britannique Jake Stewart dans les barrières, au point que le coureur de Groupama-FDJ souffre d’une fracture de la main, Nacer Bouhanni est au centre de la polémique. Le sprinter français a été déclassé et l’UCI étudie son cas. Bouhanni risque une suspension plus ou moins lourde dans le contexte de l’affaire Groenewegen-Jakobsen. Le Vosgien est aussi victime d’une campagne de haine et d’insultes sur les réseaux sociaux au point qu’il a annoncé vouloir porter plainte.

Bouhanni s’est exprimé dans les colonnes du journal L’Équipe : "Là, c’est beaucoup trop. Ça fait déjà huit jours que je reçois des centaines de messages, ça tourne au harcèlement. […] Pourquoi personne ne fait rien quand ce genre de personnes immondes m’envoient en permanence des "cochon" ou des "terroriste", "retourne dans ton pays sale maghrébin ? […] C’est comme une cicatrice qui s’est rouverte petit à petit au fil des jours, et c’est ça qui fait mal. Je suis né en France, j’aime mon pays, j’ai été champion de France à 21 ans, ça a été un des plus beaux moments de ma carrière quand j’étais sur le podium avec La Marseillaise."

Le coureur d’Arkéa-Samsic a reçu le soutien de Jake Stewart et de l’équipe de ce dernier, Groupama-FDJ, une formation pour laquelle il a couru pendant quatre ans. "Dans le peloton, en tout cas directement, je n’ai jamais été victime de racisme. Dans les équipes où j’ai été, je n’ai jamais eu de souci. Mais hors compétition, bien sûr que j’en ai reçues (des insultes). Je suis fier de mon prénom, je suis fier de mes origines, je suis français d’origine maghrébine, c’est comme ça."