Dans un premier temps, la démarche semblait unanime. Au moment de se présenter sur la ligne de départ, ce vendredi à 10h, les coureurs refusaient de s'élancer pour cette longue étape de plus de 250 kilomètres. Une façon de protester sur la difficulté de cette troisième semaine du Tour d'Italie. Logée entre la terrible étape du Stelvio de jeudi et une autre étape de montagne vers Sestrière ce samedi, la longue 19e étape de transition, à disputer dans le froid et sous la pluie, ne plaisait guère au peloton.

Face à cette grève de dernière minute, l'organisation n'a eu d'autre choix que de raccourcir l'étape de plus de 100 kilomètres: "On n'a pourtant reçu aucune demande hier soir. On n'a fait que subir la décision des coureurs, on était obligé de l'accepter. Quelqu'un devra payer pour ça" a ainsi déclaré Mauro Vegni, le directeur de la course, en pointant notamment l'équipe belge Lotto-Soudal qui était à l'initiative de cette grève.

En cours de journée, Marc Madiot déclarait sur le plateau de L'Equipe TV qu'il ne comprenait pas cette grève: "Si on ne veut pas accepter la fatigue dans une troisième semaine de grand tour, alors on change de métier. Personne n'est obligé d'être coureur professionnel". Arnaud Démare, son leader sur le Giro, lui emboîtait d'ailleurs le pas en expliquant que les sprinteurs, eux, ne s'étaient pas plaint au moment de grimper le Stelvio, ce jeudi.

Patrick Lefevere ciblait pour sa part l'organisation du Giro: "Des étapes de 250 kilomètres en troisième semaine, ce n'est pas vraiment en accord avec ce vers quoi va le cyclisme moderne. Je ne suis pas en Italie en ce moment donc je ne sais pas comment s'est comportée mon équipe mais j'imagine qu'elle était solidaire du reste du peloton. Mais pour moi, c'est la faute de l'organisation si on en est là. La tendance actuelle, c'est plutôt de raccourcir les étapes. On pourrait même envisager des grands tours de 15 ou 18 étapes et plus 21. Mais la solidarité n'a jamais existé dans ce sport. J'étais dans l'AIGCP (syndicat des coureurs, NdlR) à un moment et quand on voulait faire changer quelque chose, on était tous d'accord jusqu'au moment où j'allais m'adresser aux organisateurs... et là, quand je me retournais, plus personne n'était derrière moi."