Dedecker dubitatif face à ce qu'il appelle la "stratégie Armstrong" consistant à réclamer d'énormes dédommagements

BRUXELLES Patrick Lefevere, manager-général de Quick.Step-Innergetic, réclame 75.000 euros de dommages et intérêts à Jean-Marie Dedecker. Celui-ci lui aurait en effet causé préjudice lors d'une interview à la chaîne de télévision Actua-TV, le 11 septembre 2006, en affirmant connaître trois coureurs du top (toprenners) qui se sont rendus en Italie à des fins de dopage.

L'action de Lefevere est soutenue par l'association des équipes du ProTour (IPCT) et le bureau de management qui défend entre autres les intérêts de Tom Boonen. La plainte sera déposée au tribunal le 5 février, précise un communiqué de Actua-TVv.

Dedecker se montre pour sa part dubitatif face à ce qu'il appelle la "stratégie Armstrong", consistant à réclamer d'énormes dédommagements, ou à menacer de le faire. "On m'a jusqu'à présent beaucoup injurié", remarque-t-il, "mais je n'ai pas entendu un seul véritable argument. Quand je me présente avec des documents, on me dit que je n'ai pas le droit d'en faire usage. Alors qu'est ce que je peux faire?"

L'ancien patron du judo belge dément par contre formellement avoir trahi Johan Museeuw en envoyant son mail de regret (rédigé par Wouter Vandenhaute) au "Het Laatste Nieuws". "Ce n'est pas moi", assure-t-il en effet. "J'ai eu des conversations avec Museeuw, et je n'ai pas agi à son insu".

Het Laatste Nieuws avait prévenu Dedecker le 2 janvier que le mail allait être publié. Il a répondu que ce n'était pas possible avant la comparution de Johan Museeuw au tribunal le 16 janvier. Après la parution de nouvelles informations dans le journal du 22 janvier, Jean-Marie Dedecker a confirmé à Museeuw le 23, qu'il ne voulait pas mêler son nom au dossier. Le mail est paru le 24, au lendemain de la conférence de presse improvisée dans l'urgence, où Museeuw a fait des aveux pour atténuer l'effet de cette publication.

"Je ne l'ai pas trompé", répète Dedecker. "Les traîtres, ce sont eux qui l'ont forcé à se taire pendant deux ans en achetant son silence et en utilisant un ancien grand champion de son envergure comme chauffeur-vip."

Dedecker confirme aussi s'être entretenu avec le journaliste Maarten Michielssens, qui lui a confié que Wouter Vandenhaute avait envoyé le mail à diverses rédactions sportives, dont celle de la VRT. Ce dernier aurait par ailleurs tenté de l'empêcher de participer à l'émission de la VRT De Zevende Dag (Le septième jour) dimanche. Une émission au cours de laquelle Vandenhaute a accusé Dedecker d'avoir utilisé Museeuw dans son différend avec Lefevere.