Comment voulons-nous gagner l’Enfer du Nord ? En tout cas pas en courant comme l’équipe belge l’a fait au Mondial dimanche dernier! La pression du monde extérieur leur a laissé croire qu’ils étaient invincibles…" Patrick Lefevere n’a rien perdu de son sens de la formule. Le sorcier de Paris-Roubaix a beau sentir les effluves de son chaudron préféré venir lui titiller les narines à quelques jours d’un monument sur lequel son équipe peut avancer un exceptionnel taux de réussite de 50 % sur les 25 dernières années, c’est sur une autre marmite encore bouillonnante qu’il a choisi d’ajouter une petite cuillère d’huile.

"Ce n’est pas que nous allons reculer devant nos responsabilités ce dimanche, mais pour pouvoir espérer gagner au vélodrome, il faut courir en équipe, savoir s’adapter aux circonstances", ajoute le manager flandrien comme pour souligner davantage l’importance de l’homogénéité d’un collectif sur lequel il a construit l’essentiel de ses victoires.

Là où les Boonen ou Museeuw s’avançaient autrefois avec le statut de leader emblématique, difficile de savoir qui d’Asgreen, de Lampaert, de Stybar ou de Sénéchal constituera la carte maîtresse des tuniques bleues au départ de Compiègne puisque seul le Danois n’est encore jamais entré dans le top 10 sur le vélodrome.

"Paris-Roubaix, c’est la course de mes rêves", confessait ce jeudi Yves Lampaert lors d’une conférence de presse virtuelle de son équipe. " Elle possède une telle dimension héroïque… C’est vrai que la télévision flamande a réalisé une série sur le chemin devant me mener dans le Nord cette année, mais ce n’est pas pour cela que je ressens un surplus de pression, cela ne m’empêche pas de dormir vous savez (rires). La clé, pour espérer gagner ce monument c’est de figurer avec autant de coureurs que possible dans la finale et de s’y montrer offensif. De provoquer les événements plutôt que de les subir. C’est comme cela que nous avons manœuvré le plus souvent sur cette épreuve et les résultats démontrent que la recette rencontre un certain succès (sourire). Si l’un de nous peut arriver seul sur le vélodrome dimanche et avoir le temps de savourer, ce serait le must. Car c’est dans ce contexte que l’on est plus certain de l’emporter (rires)…"