Dominique De Leersnyder est paveur de profession. C’est lui qui a rénové le Koppenberg

BRUXELLES La silhouette semble être taillée dans la pierre et le visage buriné par le froid piquant qui souffle si souvent sur les collines des Ardennes flamandes. Ce physique de Flandrien n’est pourtant pas celui d’un coureur. S’il est depuis plus de dix ans l’un des acteurs du Tour des Flandres, Dominique De Leersnyder exerce une profession plus singulière encore : paveur.

Dans une région où ces chemins d’un autre âge sont élevés au rang de saintes reliques, le citoyen d’Ardooie (le village de Marc Degryse et de Dirk Demol) a fait de ses morceaux de pierre sa spécialité.

“Je dois bien avouer que je suis tombé dans cet univers un peu par hasard puisque c’est sur les toits que j’ai commencé ma carrière. Mais il n’y avait pas vraiment de boulot dans cette branche et j’ai cherché à me spécialiser dans un autre corps de métier. J’ai donc pris des cours du soir après avoir rencontré quelqu’un qui travaillait dans les pavés. Et voilà maintenant 15 ans que je suis dans le métier et douze années que je me suis installé comme indépendant.”

Si l’histoire de Dominique De Leersnyder est étroitement liée à celle du Tour des Flandres, c’est parce que le Ouest-Flandrien s’est attelé à un chantier pas comme les autres : celui de la rénovation du mythique Koppenberg. “Lorsque j’ai commencé ce projet, en novembre 2001 (achevé en mars 2002), je connaissais comme tout le monde l’endroit de réputation, mais je ne mesurais pas à quel point il était vénéré par les amateurs de cyclisme. Le fait qu’un média francophone comme le vôtre a souhaité me rencontrer en dit long sur la particularité de cette côte . (rires) Pour rénover ce secteur, septante jours de travail furent nécessaires à notre équipe de trois personnes. Nous accomplissions en moyenne une quarantaine de mètres carrés par jour.”

La sévérité de la pente, affichant 22 % par endroits, compliqua considérablement le travail des ouvriers. “Imaginez-vous toute la journée le dos courbé sur un chemin d’un tel profil à transporter des pavés de quatre à cinq kilogrammes… C’est assez éreintant. Une autre difficulté de ce chantier était liée au fait que le cœur du Koppenberg est un site classé. Il est donc interdit d’y remplacer les pavés usagers par de nouveaux. Après que l’entrepreneur principal du chantier a installé un système de drainage pour résoudre le problème d’humidité lié à la nappe phréatique qui se trouve à cet endroit, nous avons donc dû apporter un soin tout particulier au positionnement des pavés que nous avons replacés un à un.”

Dimanche, Dominique De Leersnyder s’installera devant sa télévision pour suivre la course. “Un sentiment particulier m’envahira lorsque les coureurs attaqueront le Koppenberg. Une caméra fixe est toujours placée à cet endroit et permet de bien profiter du moment. Mais je vous assure que mon attention sera portée sur les coureurs… et non les pavés !” (rires)



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