Le Remoucastrien prendra bien le départ de "sa" Doyenne. Accusés de pollution durant l'édition 2012, Gilbert et une dizaine de coureurs paieront finalement une amende de 500 euros


BRUXELLES Une dizaine de coureurs de l'édition 2012 de Liège-Bastogne-Liège ont écopé d'une amende de 500 euros pour avoir jeté leurs bidons sur la voie publique, a-t-on appris de source judiciaire vendredi.

Après une enquête faisant suite à des plaintes déposées par des associations écologistes, le Parquet de Liège "a proposé une transaction de 500 euros à un dizaine de coureurs", a indiqué une porte-parole du Parquet, précisant qu'en cas de refus de payer cette amende, les cyclistes pourraient être poursuivis devant un tribunal correctionnel.

Le Parquet n'a pas voulu communiquer le nom des coureurs inquiétés.
Ces coureurs pourront participer à l'édition 2013 de la Doyenne des classiques programmée dimanche.

"Nous n'avons pas la compétence d'interdire à un coureur de prendre le départ d'une course", a indiqué la porte-parole du Parquet.
Le champion du monde, le Belge Philippe Gilbert, figure dans le lot des coureurs concernés ,selon la déclaration du manager de l'équipe BMC, John Lelangue, qui a confirmé l'audition du coureur wallon "dans une très bonne ambiance".

"Il n'a pas été question d'interdire de départ (Gilbert), l'instruction est en cours, ça clôt le chapitre", a conclu John Lelangue en regrettant "un article un peu sensationnel repris sans vérification".

Vendredi matin, le journal français L'Equipe avait affirmé que la police belge pourrait interdire le départ à une vingtaine de coureurs.

"Une action policière préventive se doit toujours d'être proportionnée à la gravité de l'infraction potentielle. Ce n'est évidemment pas le cas ici. La course aura lieu avec tous les coureurs inscrits", a déclaré une source policière au correspondant de l'AFP.

Alain Lebrun, l'avocat d'une des associations écologistes, a lui affirmé qu'"il n'entre pas dans les intentions de ses clients d'empêcher les coureurs de participer aux épreuves".

Plusieurs groupements belges de défense de l'environnement font pression depuis plusieurs mois sur l'Union cycliste internationale (UCI) "pour un cyclisme propre, au sens premier du terme", selon Alain Lebrun.

"Nous demandons que l'UCI prenne des sanctions sportives contre les coureurs pollueurs, comme il existe des sanctions à l'encontre des coureurs dopés", a ajouté l'avocat.

Gilbert: "ce sera plus tactique"

Le champion du monde en titre, le Belge Philippe Gilbert, s'attend à "une course plus tactique", dimanche, dans Liège-Bastogne-Liège, la "Doyenne" des classiques cyclistes.

Aux yeux du vainqueur de l'édition 2011, qui a tenu vendredi un point-presse dans les environs de Liège, le changement de parcours, avec la côte de Colonster à l'entrée des vingt derniers kilomètres en remplacement de la côte de la Roche-aux-Faucons (impraticable à cause de travaux de voirie), change la donne.
"Ce sera plus tactique et donc important de s'appuyer sur l'équipe, a estimé le Wallon de la formation BMC. J'ai confiance en elle".

Mais le champion du monde a avoué avoir manqué d'un équipier, mercredi, au pied du mur de Huy, la montée finale de la Flèche Wallonne: "Ici, on court sans Van Garderen et sans Evans, ça fait une grosse différence. Si l'un des deux veut faire le déplacement l'an prochain, ce sera bien pour moi."

Le manager de l'équipe américaine, John Lelangue, a expliqué l'absence de l'Américain Tejay Van Garderen par sa récente paternité et celle de l'Australien Cadel Evans par sa participation au Tour du Trentin durant la semaine.

En réponse à une question sur le scénario le plus prévisible de la course, Gilbert a insisté sur l'importance de la côte de Saint-Nicolas à moins de 7 kilomètres de l'arrivée.

"Je vois un groupe de 40-50 coureurs au pied de Saint-Nicolas, un sprint de 700 mètres et des micro-cassures au sommet puis des groupes qui se rejoignent. La dernière montée vers Ans est toujours assez compliquée, c'est difficile de garder une avance de 10-15 secondes, ça risque d'être serré", a détaillé le champion du monde.

"Beaucoup de coureurs sont de même niveau, personne n'écrase la concurrence", a ajouté Gilbert, à propos des classiques ardennaises dont les deux premiers volets, l'Amstel Gold Race (Kreuziger) et la Flèche wallonne (Moreno), ont échappé aux favoris. "Il y a un nivellement (par le haut)".

"Courir à la maison est un avantage", a estimé le Wallon. "Ca me rappelle toujours des souvenirs, mon enfance, mon début de carrière et plus récemment ma victoire (de 2011). Je ressens toujours beaucoup d'émotions, j'essaye d'être à la hauteur".

"Mentalement, je suis prêt, il faut juste un peu de réussite", a-t-il poursuivi en reconnaissant: "Le rêve de ma carrière, c'était d'être champion du monde. C'est fait. Mais gagner une classique et surtout Liège-Bastogne-Liège avec ce maillot, c'est quelque chose que je n'aurais jamais osé imaginer."


© La Dernière Heure 2013