Philippe Gilbert, offensif par tempérament, prône la patience dimanche dans Liège-Bastogne-Liège, devant son public

Suivez la cours en live demain dès 14h

Dernière chance pour les frères Schleck

La préférée de Bert De Waele

Vidéo: Rencontre avec les stars du cyclisme avant la course

LIEGE "Je vais courir davantage sur la défensive", promet le Wallon de Remouchamps, la bourgade située au pied de la côte de la Redoute où, enfant puis adolescent, il rêvait en voyant passer la course.

"Je compte sur ma pointe de vitesse", ajoute-t-il, confiant en ses qualités de routier-sprinteur qu'il prend soin à entretenir. C'est même pour cette raison qu'il dit renoncer au Tour de France en juillet: "Si je suis au Tour, j'ai peu d'occasions pendant trois semaines de sprinter. Je préfère travailler ce domaine à l'entraînement, ça me sert en fin de saison."

Au bout des 258 kilomètres de la Doyenne, sans doute la plus sélective par son parcours des grandes courses d'un jour, Gilbert ne craint personne... ou presque. Car l'ombre d'Alejandro Valverde, l'Espagnol actuellement suspendu en Italie pour dopage, pèse sur une course qu'il a remportée à deux reprises déjà sur les hauteurs d'Ans (2006, 2008).

"Je crois que j'ai ma chance, même face à Valverde. Mais s'il y en a un qui me fait peur, c'est lui", reconnaît le Belge, de loin le plus fort dimanche dernier au sommet du Cauberg pour gagner l'Amstel Gold Race, sa première "ardennaise".

Fin connaisseur du peloton des classiques, Gilbert est aussi conscient de la force des duos (les frères Schleck, Kreuziger et Nibali, Contador et Vinokourov) et des trios (Rodriguez, Ivanov et Kolobnev) alignés par d'autres formations.

Le danger est partout comme il avait pu le constater l'année passée, pour avoir assisté de près à l'envol de la fusée Andy Schleck dans la côte de la Roche-aux-Faucons. Le Belge, échappé avant le pied de cette montée très raide, n'avait pu suivre le futur vainqueur, à 20 kilomètres de l'arrivée.

"Je suis beaucoup plus à l'aise dans les côtes", estime cette fois le Wallon qui y voit l'un des effets de son déménagement à Monaco. "Je peux aller m'entraîner facilement dans les cols de l'arrière-pays. C'est ce que j'ai fait après le Tour des Flandres".

Souvent placé dans les classiques, Gilbert a franchi la marche supérieure à la fin de l'année passée (victoires dans Paris-Tours et le Tour de Lombardie): "Chaque victoire me renforce dans la tête, j'arrive à courir le final sans stresser."
A 27 ans, le Belge, par son omniprésence et son punch, prend la suite de l'Italien Paolo Bettini, le champion olympique 2004 qui excellait lui aussi dans les différentes classiques. "C'est l'un des plus beaux compliments que l'on puisse me faire", apprécie Gilbert qui salue en connaisseur: "Il bougeait beaucoup, il anticipait, il accélérait."

"Mais, ajoute-t-il, au niveau palmarès, il y a un sacré chemin à faire encore !" A commencer par Liège-Bastogne-Liège, que Bettini a dominé à deux reprises au début de la décennie (2000, 2002).

© La Dernière Heure 2010