À 27 ans, le Liégeois se présente dans la peau du favori au départ de la Doyenne


Rencontre avec les stars du cyclisme avant la course (VIDEO)


Schleck: "On a intérêt à ce que la course soit dure"


LIÈGE À l’applaudimètre – mais qui en doutait – Philippe Gilbert a déjà gagné la 96e édition de Liège-Bastogne-Liège, la course de ses rêves, celle qui a bercé son enfance puis son adolescence avant de devenir le but de sa carrière. Hier, la venue du Liégeois sur le podium de la présentation publique des concurrents de la Doyenne a failli faire exploser le chapiteau planté pour l’occasion dans la cour du Palais des Princes Évêques.

Sous une chaleur torride qui annonce celle que les coureurs risquent de retrouver cet après-midi dans la finale de l’épreuve, les centaines de spectateurs présents ont réservé une ovation exceptionnelle au Liégeois. Pour beaucoup, il fut difficile de résister à ce moment à la chaire de poule.

Philippe Gilbert, qui nous a démontré ces derniers temps, et notamment dimanche passé lorsqu’il s’est imposé à l’Amstel , ne pas en avoir besoin, sera porté par tout un peuple, aujourd’hui sur les routes ardennaises qu’il connaît comme sa poche.

“Bien loin de me bloquer, cette ferveur et cette pression me transcendent” , dit le Liégeois, favori n°1 de la classique qui boucle le cycle des grandes courses printanières d’un jour. “Tout cela me motive, me donne plus encore envie de m’imposer. Je suis serein, je peux jouer plus tactiquement du fait de mon succès dimanche dernier. Je n’ai rien à perdre. Je rêve de gagner à Ans, j’espère que ce sera cette fois, mais si ce n’est pas le cas, j’aurai encore d’autres occasions.”

Pour triompher des Schleck, de Valverde, Cunego, Evans, Contador, Rodriguez, Kolobnev, Nibali et autre Anton ou Hesjedal, le coureur d’Omega Pharma-Lotto sait qu’il devra et pourra compter sur une équipe à son entière dévotion avec Jurgen Van den Broeck en ultime chevalier servant.

“Je vais courir sur la défensive; je sais ce dont je suis capable; je n’ai peur de personne ni d’aucune côte d’un tracé qui est d’ailleurs moins dur avant que ne débute la finale , affirme-t-il. Et au sprint, je suis très fort après 260 kilomètres; je ne crains pas même Valverde.”

Il y a onze ans qu’un Belge et un Wallon, Frank Vandenbroucke, n’a plus gagné à Ans, trente-deux ans qu’un Liégeois, Joseph Bruyère, s’est imposé dans la Doyenne .





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