On a tous eu mal pour lui. Ses crampes avaient l’air intenses et très douloureuses, en pleine finale de la Doyenne. Loïc Vliegen, alors seul en tête comme une semaine plus tôt à l’Amstel Gold Race, a été contraint d’arrêter de pédaler, perdant, en un rien de temps, son avantage dans la Côte des Forges. "Je sentais qu’elles arrivaient, mais ces crampes sont quand même venues d’un coup, commente le Liégeois de la formation Intermarché-Wanty Gobert. Je venais d’accélérer, de faire une grosse relance. Cela a duré une à deux minutes : cela souligne l’intensité de la journée, avec cette échappée partie quasiment dès le début, à sept coureurs, et qui a tenu très longtemps. C’est normal… Après, c’est passé, j’ai par exemple encore su travailler pour Quinten Hermans, pour le replacer au mieux avant La Roche-aux-Faucons."

Avant d’être logiquement décroché. "Mais je suis content de ma journée, ajoute celui qui avait fini 24e, l’an passé, à Liège. Comme je l’ai déjà dit, je ne suis pas dans ma meilleure condition (NdlR : il souffre d’allergies) et j’ai préféré sur ces classiques ardennaises prendre l’échappée de la journée plutôt que de finir à des places de trente-cinquième, en étant anonyme. Au moins, j’ai fait quelque chose de ma journée ! Et cela m’a fait plaisir de me montrer devant mon public."

Qui était d’ailleurs bien présent en nombre. "Malgré la période un peu difficile que nous traversons tous, cela faisait du bien de retrouver du public le long du parcours. Ces spectateurs ne représentent pas un problème pour moi : ils gardent leurs distances, ils portent le masque et nous sommes en plein air. C’était donc gai, j’ai passé une super journée."

Et maintenant ? "Maintenant ? Ce sera d’abord une bonne portion de frites avec beaucoup de mayonnaise, répond-il en rigolant. Je vais prendre une semaine de repos, avant de mettre le cap vers la préparation du mois de juillet, avec un stage en altitude. Le plan, c’est de reprendre au Critérium du Dauphiné et d’ensuite disputer le Tour de France."