Vous n'étiez pas un spécialiste du contre-la-montre. Pourtant, entre Auch et Pau, on vous a vu déchaîné.
'C'est vrai que les épreuves chronométrées, ce n'était pas tellement mon truc. Je n'étais pas parmi les plus mauvais mais pas parmi les meilleurs non plus. C'est Ferdinand Bracke qui a remporté ce contre-la-montre. Moi, j'ai terminé troisième en prenant encore quelques précieuses secondes à Zoetemelk. La seule explication que je puisse donner à mon bon chrono, c'est que le fait de porter le maillot jaune donne des ailes'.

Vous avez l'air ému lorsque vous évoquez, aujourd'hui encore, ces grands moments que vous avez connus.
'Je suis toujours le dernier vainqueur belge d'un Tour de France. Je suis fier de l'être. Comme je suis fier aussi de ce que j'ai réalisé à l'époque. Je savoure encore mon succès. Ce sont des souvenirs qui m'appartiennent et qu'on ne me reprendra plus. Ces moments de gloire, c'est comme un bon vin. On l'apprécie en le buvant et on le savoure longtemps en bouche'.

L'après-carrière n'a-t-elle pas été trop dure à gérer?
'Dans ce temps-là, on ne gagnait pas sa vie de la même façon qu'aujourd'hui. Mais mon nom m'a servi par la suite. Si je n'avais connu cette carrière dans le cyclisme, je n'aurais jamais été approché par VTM pour être d'abord le consultant de la chaîne, ensuite le chauffeur des journalistes'.

Que faites-vous pour occuper vos loisirs?
'Je suis avant tout au service de la chaîne privée flamande. En fonction du calendrier cycliste, j'organise des randonnées cyclotouristiques partout dans le monde: en Espagne, en Grèce et même aux Etats-Unis, pour le compte d'une agence qui met sur pied des événements et des voyages'.

Et si votre carrière était à refaire?
'Avec le recul, je me dis que le Tour était vraiment l'épreuve qui me convenait le mieux. Je regrette de ne pas en avoir disputé davantage. Sur le plan de la préparation, on m'a reproché de faire trop facilement l'impasse sur des rendez-vous majeurs de la saison et de composer un programme trop léger. Je ne travaillais pas à la carte mais, physiquement, je n'étais pas capable de courir de février à octobre'.
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