Lucien Van Impe ne cherche pas la publicité

Cyclisme

Propos recueillis par René Boonen

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Lucien Van Impe ne cherche pas la publicité
© Photonews
Il y a tout juste 25 ans, il était le dernier coureur belge vainqueur de la Grande Boucle
Le Tour en direct

L'ALPE-D'HUEZ La Grande Boucle a quelque chose de commun, voire d'irritant. C'est l'endroit branché où il fait bon se montrer, de préférence lorsqu'une équipe de télévision est à proximité. Exister un moment, s'extraire de la masse pour voir et, surtout, pour être vu. Lucien Van Impe, lui, ne fait pas partie de ce monde-là. Il préfère souffler virtuellement, à l'abri des regards, les vingt-cinq bougies qui lui rappellent le souvenir d'une ascension héroïque. Vingt-cinq ans déjà que cet assaut de l'Alpe-d'Huez lui valut non seulement les honneurs mais aussi son premier maillot jaune. Le jour de gloire pour le citoyen de Mere qui allait par la suite défendre avec acharnement sa belle tunique dorée, la perdre le soir de la première étape pyrénéenne, la récupérer sur les hauteurs du Pla d'Adet et la conserver intacte jusque sur les Champs-Elysées. Van Impe ne chasse pas les interviews. On croirait même qu'il les fuit. Planqué derrière les énormes arbres qui bordent le lac d'Aix-les- Bains, il bichonne tranquillement sa voiture. En fait, il est devenu chauffeur attitré de nos confrères de la VTM pour chacune des courses cyclistes que la chaîne privée flamande suit tout au long de la saison. Cette fonction lui permet de ne pas couper définitivement le cordon ombilical avec le cyclisme professionnel.

Pourquoi cette discrétion?
'Parce que je n'ai pas besoin de faire de la publicité autour de cet événement. Les journalistes qui s'en souviennent viennent spontanément me trouver. Je crois que j'ai accordé autant d'interviews ces derniers jours que lors du Tour de France 1976'.

L'étape de mardi a dû vous rappeler de bons souvenirs?
'J'ai revécu en direct le film que j'ai souvent repassé dans ma tête. Et puis, la Grande Boucle de cette année ressemble étrangement à celle d'il y a 25 ans. Le Pla d'Adet figure également au programme'.

Ce Tour est-il plus dur que celui de 1976?
'Pas du tout. A l'époque, même si les organisateurs s'en défendaient, le tracé était fait en fonction de tel ou tel coureur. Cette année-là, en l'occurrence, il avait été dessiné pour Bernard Thévenet. Donc, axé principalement sur la montagne. Et c'est précisément dans l'Alpe-d'Huez que Thévenet perdit le Tour. J'ai revu, non sans émotion, les premiers lacets du col, là où j'avais décidé d'attaquer. Contre l'avis de Cyrille Guimard, mon directeur sportif'.

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