Le grimpeur italien Emmanuelle Sella a été contrôlé positif à cette nouvelle forme d'EPO

BRUXELLES Et un de moins ! Si le cyclisme vient d'essuyer un nouveau cas positif avec Emmanuelle Sella, 27 ans, pris au piège par un contrôle effectué hors compétition, cette discipline peut cependant crier victoire et se réjouir avec l'écartement de cette énième brebis galeuse. Car le vélo poursuit courageusement sa chasse aux sorcières, avec beaucoup plus de hargne et de vigueur que dans d'autres sports. Quitte à toucher ses stars. Si Emmanuelle Sella n'a pas la même renommée que l'irrévérencieux Riccardo Ricco, tombé sur le dernier Tour de France pour le même produit (la CERA, cette nouvelle forme d'EPO avec effet retard), ce petit coureur (1m65 pour 53 kilos) avait pourtant écrasé la montagne du dernier Tour d'Italie, avec le maillot de meilleur grimpeur, trois succès d'étapes et une 6e place au classement final.

Selon l'agence Ansa, il a été déclaré positif à la CERA lors d'un contrôle effectué hors compétition. "Je ne sais rien de cette histoire, on ne m'a rien communiqué, rien n'est vrai" , a déclaré le coureur, qui avait ému les foules transalpines sur le dernier Giro en offrant ses victoires d'étape à Laura, sa fiancée, qu'il vient d'épouser, et en éclatant sur cette épreuve qui l'avait révélé en 2004, avec une première victoire d'étape, avant d'y être souvent victime de chutes spectaculaires.

Le président de l'Union Cyclisme Internationale, Pat McQuaid, a pourtant confirmé la positivité de Sella sur le site cyclingnews.com, généralement bien informé. "C'était un contrôle ciblé, effectué le 23 juillet" , a précisé le boss irlandais.

Si Emmanuelle Sella se dit innocent, s'il faut bien évidemment respecter ses droits et attendre la contre-expertise, on se souvient cependant que son nom était suivi par la suspicion, à cause de sa domination sur le Giro 2008. Dans la dernière semaine, il s'était imposé trois fois, avec notamment deux victoires succès d'étapes consécutives (la 14e, la 15e le lendemain dans les Dolomites et la 20e). Et l'opprobre avait été jeté sur sa formation, CSF-Navigare, vu que le sprinter argentin Ariel Maximiliano Richeze avait été interdit de départ (positif à un anabolisant) et que des voix s'élevaient pour dénoncer le nombre plus restreint de contrôles au sein des équipes de seconde division.

Après Ricco, Piepoli et probablement Sella, l'Italie des grimpeurs, habituée aux cimes, perd de sérieuses plumes.



© La Dernière Heure 2008