Marc Soler, 6e avant l’étape, a renversé la situation. On présente le jeune Catalan comme le successeur d’Indurain ou Contador.

C’est une remontada que n’aurait pas reniée le Barça, le club de cœur de Marc Soler.

Sixième au départ de l’ultime étape, le Catalan a modifié totalement la hiérarchie. À l’arrivée, le jeune coureur de Movistar a arraché pour quatre secondes le maillot jaune des épaules de Simon Yates. Soler, 24 ans à peine, est présenté, à juste titre, comme le futur grand champion que l’Espagne attend, avec les retraites de Rodriguez et de Contador et le départ à terme de Valverde.

De tous les prétendants, il est le seul qui osa tenter sa chance de loin, à une cinquantaine de kilomètres d’une terrible dernière étape, qui comportait six difficultés et fut disputée sous une pluie battante.

"Non, je ne réalise pas encore ce qui m’arrive, admettait-il. Ce matin, le classement général était très serré, nous étions huit en une minute. Quand j’ai attaqué, je pensais revenir au classement, monter sur le podium, mais pas gagner la course. Évidemment, je suis plus content encore avec la victoire."

Marc Soler s’est inspiré d’Alberto Contador, qui, les deux dernières saisons, avait tenté (en vain) de faire basculer la Course au soleil dans cette dernière étape. Lui a réussi !

"L’an passé, j’étais avec Alberto dans l’échappée, rappelait le coureur de Movistar. J’avais vu comment il s’y était pris pour faire exploser le peloton, j’ai voulu faire comme lui."

Soler a aussi profité de la présence dans l’échappée de deux Espagnols à ses côtés.

"C’était un avantage, nous sommes des compatriotes, mais aussi des amis, disait le Barcelonnais. On se connaît. Une fois qu’on s’est retrouvé à trois, j’ai dit à De la Cruz et Fraile de se débrouiller pour la victoire d’étape entre eux, que je ne visais que le général. On a collaboré."

Décrit comme un potentiel successeur d’Indurain, car c’est un excellent rouleur, ou de Contador, car il grimpe très bien aussi, Marc Soler tempère.

"Gagner un grand tour et, surtout, le Tour de France, j’en rêve, dit le vainqueur du Tour de l’Avenir 2015. Mais j’en suis encore loin (NdlR : il n’a couru que la dernière Vuelta, finie en 47e position). Je ne pense même pas que j’irai au Tour cette année (il est réserve). On me compare à eux, mais ils ont un énorme palmarès, moi, j’en suis loin."