Cela avait des airs de tour d’honneur. À deux boucles de l’arrivée, Mark Cavendish s’est laissé (ou fait ?) distancer du groupe de tête dans lequel il se trouvait. Jusqu’à l’arrivée, le Britannique fut alors l’objet de nombreuses marques de sympathie de la part du (rare) public présent, des suiveurs ou de ses collègues, à l’image de son ancien rival André Greipel, tous conscients de vivre peut-être un moment "historique".

À défaut de certitude sur son avenir, le "Cav" a essayé de prendre du plaisir ce mercredi dans un Grand Prix de l’Escaut qui fut le théâtre de son premier succès chez les pros et a marqué une carrière qui s’est peut-être terminée dans la banlieue anversoise. Cavendish, triple lauréat de l’épreuve, était avec Alexander Kristoff l’un des deux seuls anciens vainqueurs de la plus ancienne classique flamande.

En 2007, sa première victoire avait révélé celui qui marqua durant les dix années suivantes le sprint mondial. À Schoten, comme il l’avait fait à Gand-Wevelgem, le coureur de Bahrain-McLaren, arrivé en fin de contrat, se lança dans une offensive au long cours. Peu auparavant, il s’était expliqué sur les larmes qu’il n’avait pu retenir dimanche à Wevelgem.

"J’avais entendu avant le départ qu’avec le coronavirus, on ne courrait peut-être plus en Belgique", avouait-il. "Subitement, j’ai pensé que Gand-Wevegem serait ma dernière course car je n’ai pas encore d’équipe pour l’an prochain."

En fait, Mark Cavendish a toujours envie de courir.

"On dit que cela fait quelques années que cela va de plus en plus mal, mais c’est relatif, 80 % des coureurs ne gagnent jamais une course", dit-il. "Heureusement, ce ne fut pas mon cas. En 2016, j’ai décidé d’aller chez Qhubeka, car je voulais aussi rendre quelque chose au cyclisme. Évidemment, je voulais gagner mais cela va au-delà de simplement gagner des courses. Je voulais rendre le cyclisme populaire en Grande-Bretagne et auprès des jeunes. On verra ce qui va arriver mais j’espère encore courir l’an prochain. Je ne veux pas arrêter, j’aime trop le sport, je lui ai donné ma vie. Je veux continuer à courir."