Maxime Monfort privilégie désormais le travail collectif à ses ambitions personnelles.

Installé à l’ombre d’un pin parasol si caractéristique des paysages toscans, Maxime Monfort vérifie une dernière fois le bon fonctionnement de l’oreillette qui le relie à son directeur sportif Bart Leysen avant le départ de Monterotondo Marittimo. Un outil devenu un peu plus important encore dans le nouveau rôle du Wallon.

"Ce n’était pas vraiment prévu avant le début de la saison, mais une discussion avec le staff et une longue réflexion m’ont amené à privilégier le travail collectif à mes ambitions personnelles" , lance le papa de Léo et Lou. "Si je prendrai bel et bien le départ du prochain Giro avec l’intention d’y décrocher le meilleur classement général possible, cela constituera l’exception de ma saison et non plus la règle. C’est un vrai changement de philosophie."

Un chamboulement que le Nadrinois n’accueille aucunement comme une motion de défiance. "Grand frère ou capitaine de route, je ne sais pas trop comment il faut qualifier le statut que je tente d’assumer aux côtés des jeunes talents de l’équipe que sont Wellens, Benoot ou encore Vervaecke. (rires) J’y prends, en tout cas, beaucoup de plaisir. Ils ont beau n’avoir que 25 ans ou moins, il sont animés d’une audace rafraîchissante, bluffante à cette âge-là. Certains pourraient même parfois y lire une forme d’insolence. Avant les Strade Bianche , où notre équipe a fortement pesé sur la course, Tim (Wellens) avait ainsi longtemps réfléchi à un plan tactique et voulait que l’on durcisse très fortement la course à 120 bornes de l’arrivée. J’avoue lui avoir demandé s’il était bien sûr de son coup... (rires) C’est agréable de tenter de partager mon vécu avec des gars qui possèdent un tel talent. Et pour ne rien gâcher, ce sont tous les trois de chouettes mecs !"

Au moment d’évoquer l’ascension du Terminillo, au programme de l’étape reine de samedi et sur lequel il n’avait été repris par les favoris qu’à cinq kilomètres du sommet en 2015, Maxime Monfort fait à nouveau glisser la conversation vers Wellens.

"Je sais que Tim se spécialise actuellement sur les courses d’un jour, mais je suis convaincu qu’il possède toutes les armes nécessaires pour ambitionner un excellent classement général sur un Tirreno Adriatico dessiné comme cette année. Je vais tenter de l’épauler dans cette montée finale et le pousser à se surpasser car s’il épinglait un bon résultat en haut de cette difficulté de 16 kilomètres (NdlR : 7 % de moyenne) , il s’ouvrirait alors de nouvelles perspectives."

Méticuleux dans chacun des aspects de son métier, celui qui vit désormais à Aywaille n’a pas tempéré son professionnalisme en même temps que ses ambitions personnelles.

"Bosser pour le collectif demande tout autant d’être au meilleur de sa forme. Les efforts se font simplement à d’autres moments. Je peux vous assurer que samedi dernier, au soir des Strade Bianche , j’étais complètement crâmé. Mais heureux (NdlR : Wellens s’y était classé troisième) !"