Museeuw revient sur les Ronde 1994 et 1999

OSTENDE “Il y a toujours un moment où les coureurs parlent” , lâche Johan Museeuw quand on évoque les discussions qui se tiennent souvent en pleine finale des courses, des classiques notamment. “Ça discute toujours, on se parle, c’est ce qui est arrivé en 1999 avec Van Petegem et Vandenbroucke” , explique le Lion . “Mais comme je ne voulais pas vendre et que je ne voulais pas acheter, à la fin, personne n’est tombé d’accord. Pour moi, finir 2e ou 3e (NdlR : il finira 3e), ça ne comptait pas. Nous étions moins d’un an après mon terrible accident du genou dans Wallers-Arenberg.”

Précisément, amoindri, le Flandrien aurait pu être tenté de vendre ses services à un coureur qu’il savait plus fort que lui. “J’ai reçu une offre d’un des deux, c’est vrai , répète-t-il. Mais j’ai refusé. Sincèrement, je croyais en mes chances, je gagnais très bien ma vie. Qu’aurais-je fait de cet argent ?”

Cinq ans plus tôt, Musseuw croyait pourtant s’être assuré les services de Ballerini quand, avec Tchmil et Bugno, ils se présentèrent à quatre dans la dernière ligne droite. Ballerini, qui n’était pas encore son équipier, apparement le moins rapide des quatre, aurait dû selon l’accord (“Et pour une belle somme d’argent” , dit Museeuw) lancer le sprint pour le Belge. Or, celui-ci se fit enfermer, puis Ballerini plafonna et se mit en travers de sa route, ce qui contraignit Museeuw à un écart fatal.

À l’arrivée, Bugno gagna pour quelques millimètres. Ce n’est qu’ensuite que le Flamand comprit que les deux Italiens avaient déjà passé un accord et qu’il s’était fait piéger par… Ballerini.

“Ce fut une énorme déception, mais aussi une leçon” , confesse-t-il.



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