Lors du stage de leur équipe AG2R Citroën organisé cet hiver à Dénia, Oliver Naesen et Greg Van Avermaet avaient tous les deux confié espérer que leur nouvelle union les autoriserait à profiter d’un potentiel surnombre dans la finale des classiques flandriennes. "Un peu à la façon d’un petit Wolfpack", avait même glissé Naesen. Vendredi, dans les dix derniers kilomètres d’une course extrêmement intense, les deux amis ont mesuré à quel point la puissance collective des troupes de Lefevere relevait encore d’une autre dimension.

"Dans la phase la plus cruciale de la course, ils étaient à quatre, soufflait l’ancien champion de Belgique. Derrière Asgreen, Stybar, Sénéchal et un temps Lampaert contrariaient nos tentatives de contre. Je savais qu’on allait à l’abattoir… Les trois équipiers du Danois étaient dans un fauteuil, ils pouvaient se contenter de contrôler, c’était un peu comme si on boxait dans une catégorie trop haute… Avec Greg, on a tenté d’appliquer un marquage sur les Deceuninck dans la finale mais cela n’a pas suffi. Même si nous nous sommes rassurés sur notre niveau de forme et que notre duo a bien fonctionné, nous n’étions tout simplement pas les plus forts."

Le regard aussi vide que ses jambes, Greg Van Avermaet semblait, lui aussi, ne pas nourrir de réel regret quant au déroulement des événements.

"Lorsque Asgreen a placé sa seconde attaque, à un peu plus de quatre kilomètres de l’arrivée, je venais de prendre un relais en tête et n’étais donc pas en position de réagir, commentait le champion olympique. Je ne sais de toute façon pas si j’aurais été en mesure de le faire tant la course a été exténuante avant cela. On repart sans être montés sur le podium, c’est dommage, mais on ne peut pas être trop déçus de notre course."