Fraîchement rentré du Tour du Luxembourg, sur lequel "il a bien bossé en vue du championnat de Belgique", Jérôme Gilbert s’est rendu à La Roche-en-Ardenne, hier, pour reconnaître une dernière fois le parcours du National, qui, pour rappel, aura lieu dimanche. Nous l’avons suivi, à vélo, afin que le petit frère du champion du monde nous détaille chaque recoin de ce circuit de 13,783 kilomètres, à parcourir seize fois.

"Il n’y a pas de secret, ce parcours est vraiment très beau, cela donnera vraiment de belles images de la région, surtout avec les genêts en fleur, mais c’est un parcours très dur", explique-t-il d’emblée.

Nos mollets bien palots, moins musclés, plus poilus et plus grassouillets que ceux affûtés et bien bronzés de Jérôme Gilbert confirment !

Dès les premiers mètres, cela grimpe, avec une montée régulière d’un peu moins de trois kilomètres, sur la nationale 834, route de l’Ortho. "Cette côte n’est pas si dure que cela, mais c’est le genre de montées dans laquelle des attaques peuvent rapidement prendre un avantage", raconte le coureur d’Accent-Jobs. "Et si elle n’est pas si exigeante, au bout de seize tours, elle fera mal. Dans l’ascension, on est assez protégé du vent, mais dès qu’on est au sommet, là, cela souffle plus fort." Il était effectivement de face lors de cette reconnaissance.

Ensuite, place à une descente assez rapide, étroite et sinueuse, dans laquelle l’agilité d’un coureur pro comme notre guide se fait directement sentir puisque, sans donner un coup de pédales, il nous prend quelques mètres. "Cela descend, mais, à l’image de ce circuit vraiment exigeant, il n’y aura pas vraiment de possibilité de récupération, car il faudra y être attentif et garder sa place."

À peine le temps de reprendre son souffle que cela remonte à nouveau, plusieurs fois, par à coups.

"Ce sont des tape-culs, comme on dit, dont certains à 7 % : c’est vraiment usant et cela ne pourra être qu’un homme fort qui s’imposera dimanche", raconte encore Jérôme Gilbert.

Après ces petites ascensions qui ne sont pas vraiment des cotes, il y a une nouvelle descente, à nouveau étroite, sinueuse et rapide, qui ramène dans le centre de La Roche-en-Ardenne.

De là, il y aura à nouveau une montée, celle de la rue du Chalet.

"C’est le dernier endroit où un homme fort peut tenter de partir en solitaire", termine Jérôme. "Nous sommes à 800 m de l’arrivée et celui qui prend dix mètres là les garde sans doute jusqu’à la ligne, car après, cela descend vite, on est tout de suite sur le pont et on est directement sur le Quai de l’Ourthe, où est tracée l’arrivée. La course va sans doute se jouer dans cette dernière petite bosse."