Cyclisme

Sept ans après son dernier titre, le Texan est déchu de toutes ses couronnes

GENEVE L'Union cycliste internationale (UCI) a retiré lundi à Lance Armstrong ses sept victoires dans le Tour de France, dans le sillage du rapport cinglant de l'agence américaine antidopage (Usada) accusant le coureur texan de dopage systématique.

Armstrong, désormais retraité, avait gagné la Grande Boucle de 1999 à 2005 après avoir réchappé du cancer. Mais ce n'est que cette année qu'il a été convaincu de dopage par l'Usada, à partir notamment des témoignages détaillés de onze de ses anciens coéquipiers.

"Armstrong n'a pas sa place dans le cyclisme", a déclaré le président de l'UCI, l'Irlandais Pat McQuaid, à l'occasion d'une conférence de presse tenue dans un grand hôtel de Genève.

En préambule, Pat McQuaid avait qualifié la journée de "très importante pour le cyclisme".

L'UCI a confirmé les sanctions prononcées en août dernier par l'Usada qui l'a radié à vie et l'a privé de ses résultats durant la majeure partie de sa carrière.

Armstrong, qui est aujourd'hui âgé de 41 ans, a pris sa retraite définitive du cyclisme professionnel début 2011.

Dans son rapport de 202 pages accompagné de quelque 1.000 pages de témoignages et études, publié le 10 octobre, l'Usada accusait Armstrong d'avoir "monté le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport".

Le héros survivant d'un cancer des testicules restera officiellement comme un coureur dopé aux injections d'EPO, aux transfusions sanguines et aux pilules de testostérone.

Les podiums du Tour seront-ils réattribués ?

L'Union cycliste internationale (UCI) décidera vendredi si les podiums du Tour de France de 1999 et 2005 seront réattribués à la suite de la décision de priver Lance Armstrong de ses sept victoires, a indiqué lundi le président de l'UCI Pat McQuaid.

"Nous aurons une réunion spéciale vendredi. C'est à la direction de l'UCI de décider ce genre de choses", a déclaré le patron de l'instance dirigeante du cyclisme mondial, lors d'une conférence de presse.

La direction du Tour de France a déjà émis son souhait de laisser vacants les trous laissés dans le palmarès par la chute du Texan.

Lors de cette même réunion, l'UCI décidera si la médaille de bronze du contre-la-montre décrochée par Armstrong aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000 doit lui être retirée.

Pat McQuaid (UCI): "Je n'ai pas l'intention de démissionner"

Le président de l'Union cycliste internationale (UCI), Pat McQuaid, a déclaré lundi qu'il n'avait "pas l'intention de démissionner" malgré les critiques à l'encontre de sa fédération pour son action passée à l'égard de Lance Armstrong, convaincu de dopage.

"Je n'ai pas l'intention de démissionner", a déclaré McQuaid lors d'une conférence de presse à Genève, au cours de laquelle il a annoncé que l'UCI retirait à Armstrong ses sept victoires dans le Tour de France, dans le sillage du rapport cinglant de l'agence américaine antidopage (Usada) accusant le coureur texan de dopage systématique.

Les détracteurs de l'UCI ont notamment accusé le président de l'époque de la Fédération internationale, le Néerlandais Hein Verbruggen (1991-2005), d'avoir fermé les yeux sur les pratiques de dopage d'Armstrong.

"Ce n'est pas crédible de dire qu'ils ne savaient pas ce qu'il se passait. Je me suis plaint auprès de l'UCI pendant des années", a ainsi déclaré il y a une semaine Richard Pound, ancien directeur de l'Agence mondiale antidopage (AMA) entre 1999 et 2007.

Les détracteurs de l'UCI pointent des contrôles suspects d'Armstrong, qui n'a cependant jamais été déclaré positif dans sa carrière, et le fait qu'elle ait reçu deux dons faits par le coureur entre 2002 et 2005, pour un montant total de 125.000 dollars, qui ont servi notamment à l'achat de matériel antidopage (une machine permettant d'analyser le sang).

© La Dernière Heure 2012