On se souvient de Gand-Wevelgem 2020 et d'un enterrement de première classe entre Wout van Aert et Mathieu van der Poel dans la finale, au profit de Mads Pedersen. Pourtant, depuis lors, les deux hommes semblent moins rouler l'un contre l'autre et les tensions sont aplanies. A Sanremo, Wout van Aert avait même regretté que "Mathieu van der Poel et moi étions les seuls à viser la victoire, les autres roulaient pour le podium".

Ce dimanche, à Paris-Roubaix, le Néerlandais manquait de force dans la finale. Il a utilisé l'une de ses seules cartouches pour contrer une attaque de Wout van Aert, avec Stefan Küng dans sa roue. Mais cela ressemblait plus à une explication entre costauds qu'à un enterrement de première classe comme celui de Gand-Wevelgem 2020.

Pour autant, il semble y avoir du ressentiment en coulisses. Notamment du côté d'Alpecin-Fenix, où le directeur sportif Christoph Roodhooft s'en est pris à son homologue de la Jumbo-Visma Richard Plugge, ce dimanche soir. Notamment concernant la première partie de course et l'épisode des bordures. "Pourquoi Van Aert viendrait-il à Roubaix dans un rôle d'équipier ? Evidemment qu'il était là pour un résultat, vous ne pouvez pas aligner un coureur de ce calibre s'il n'est pas au top", lâche le patron de van der Poel. Ce qu'il veut prouver: que la Jumbo a agi avec van Aert exactement comme sa propre équipe l'avait fait avec van der Poel à Milan-Sanremo.

A l'époque, il avait été reproché à Alpecin de ne pas travailler en tête de peloton derrière l'échappée matinale à la Primavera. Plugge y était allé de sa petite punchline après l'arrivée: "Je me demande parfois s'ils (Alpecin, NdlR) sont là pour gagner ou juste pour rouler." Un reproche à peine déguisé qui est resté en travers de la gorge de Roodhooft: "Plugge est un spécialiste pour lâcher de telles bêtises", lâchait-il à nos confrères du Laatste Nieuws.

Pour le patron d'Alpecin-Fenix, la situation s'est inversée depuis: "Qui a pris la course en main à l'Amstel ? Ici aussi, nous avons été les premiers à assurer la poursuite dans le deuxième peloton. Devrais-je pour autant crier au scandale ? On ne joue pas à cache-cache. Quand nous affirmons quelque chose, c'est juste. Après tout, chacun voit la course comme il le veut, je n'ai rien à dire sur la philosophie de Jumbo-Visma."

Un coup de gueule un peu décousu. Mais un coup de gueule quand même.