Vainqueur hier, Marcel Kittel ne désespère pas, malgré le chrono par équipes

AMSTERDAM envoyé spécial aux Pays-Bas eric de falleur

L’ancien sélectionneur national, José De Cauwer, résume sans doute le mieux Marc Kittel, vainqueur de la 1re étape de l’Eneco Tour et donc leader de l’épreuve WorldTour. “Il est vite, vite, vite” , dit le Flandrien. “Qui dans le peloton peut le battre normalement dans un sprint ? Cavendish, peut-être Greipel…”

Voilà pourquoi le jeune Allemand, 24 ans depuis mai, n’est pas un vainqueur surprise. En tout cas aux yeux de ceux qui suivent de près les choses du cyclisme et qui auront noté qu’aux dix-huit victoires conquises l’an passé pour ses débuts chez les professionnels, l’ancien double champion du monde contre-la-montre chez les juniors en a ajouté une huitième pour cette année, en s’imposant hier en Zélande.

À l’endroit même où il y a un peu plus de deux ans, le regretté Wouter Weylandt avait enlevé une étape du Giro. Pour cette raison, Tom Boonen aurait aimé rendre hommage à son ami et ancien équipier mais le Campinois, très actif durant l’étape, n’était pas idéalement placé à l’entame du sprint, dont une chute collective avait perturbé la préparation à moins de trois kilomètres du but.

“J’ai dû effectuer un sprint avant que le vrai sprint ne débute et je me suis retrouvé le nez dans le vent bien trop tôt” , regrettait Boonen, présent sur l’Eneco Tour pour le gagner. “C’est une des rares courses à étapes que je peux espérer épingler à mon palmarès; alors, je vais tout faire pour y parvenir.”

Même s’il est bon rouleur, Marcel Kittel ne songe pas, lui, à épingler le Tour du Benelux à son palmarès déjà bien fourni. Il sait que son équipe risque de lâcher du lest aujourd’hui. “On va simplement essayer de conserver le maillot demain” , disait-il pourtant. “Mais on ne va pas se mettre trop de pression; nous sommes motivés et on fonctionne superbement ensemble.”

Kittel sait aussi que la dernière étape, avec sa petite vingtaine de monts flandriens, sera sans doute trop dure pour lui. En attendant, il savoure. “Cela faisait près de deux mois que je n’avais pas gagné” , expliquait celui qui a découvert le Tour de France mais n’en a pas profité en raison d’une chute survenue dès la 1re étape en ligne, vers Seraing qui l’avait handicapé à un genou, puis d’une gastro . “Pour moi, qui suis un gagneur, ce succès est important. Aussi pour redonner confiance à mes équipiers. Nous avons montré un excellent collectif une fois encore. Tout le monde l’a vu. Il fallait encore conclure. Je n’avais plus couru depuis mon abandon au Tour, le 5e jour. C’est comme si je n’avais pas couru le Tour, dans ma tête. Je suis directement parti avec ma copine me ressourcer, à la mer, au nord de l’Allemagne. Je suis resté deux semaines sans rouler puis, j’ai travaillé durement; j’en retire les bénéfices.”



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